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Bois d’Amour

Circuit de 1 heure au bord de l’Aven et en sous-bois, c’est le lieu d’inspiration des peintres le plus connu et le plus fréquenté.

Le Bois

Mais le Bois d’Amour n’occupe pas seulement une place dans l’histoire de la peinture, il symbolise aussi l’histoire de nos relations avec la nature.

Ce site occupe un terrain appartenant à la famille de la Villemarqué qui n’a pas toujours accepté le succès grandissant de ce qui est devenu une attraction touristique dès la fin du XIXème siècle ; en 1909 d’ailleurs, elle en interdit l’entrée.

Le Bois d’Amour vit sur sa légende : son appellation proviendrait de la vie tumultueuse et licencieuse qui s’y déroulait secrètement…Le Bois d’Amour comme la Côte d’Amour, le Rocher d’Amour, la Vallée des Amours ailleurs, correspond à un idéal paysagiste qui commence à s’exprimer à la fin du XVIIIème et durant tout le XIXème siècle. Le sentiment de beauté, d’agrément (naissance du pittoresque) est lié à l’ordre spirituel ou divin ; la recherche de plaisir et de volupté est également au cœur de cette admiration pour les paysages car il est investi d’un ordre moral.

Sa beauté provient aussi de la beauté de ses arbres, du jeu de la lumière au moment de la frondaison des grands hêtres. L’arbre au XVIIIème est un symbole des hautes qualités morales, c’est un ami de l’homme. Dès cette époque les pépinières royales sont crées pour fournir des arbres à planter, entre autre le long des routes lors de leur élargissement. Durant la Restauration, les grandes pépinières d’Etat vont fournir aux propriétaires terriens les plants pour créer des ceintures de verdure : cyprès, hêtres, cèdres, séquoias. Les grands domaines forestiers autour des châteaux naissent à cette époque. Le domaine du Plessis garde la mémoire de cette histoire si passionnante de nos paysages à la croisée d’un idéal social et moral.

Le ravissement que procurait cette promenade et le désir de la protéger relevaient d’un intérêt commun pour les costumes régionaux. Cette alliance du folklore et des paysages est à l’origine du développement touristique de Pont-Aven.

Le Bois d’Amour est aujourd’hui une promenade verte, contrepoint agréable à la face plus maritime de Pont-Aven. Si l’usage par les peintres l’a rendu célèbre, l’usage par les habitants demeure intense et le succès touristique incontestable. Il s’inscrit dans une politique plus générale de revalorisation des sites et chemins ruraux, le promoteur notera que son entretien, depuis peu, est remarquable ; les cicatrices infligées par la tempête de 1987 semblent maintenant refermées.
On espère seulement que le Bois d’Amour ne sera pas montré comme exception mais comme exemple pour l’affirmation d’une attitude volontaire en matière de conservation et d’entretien des espaces naturels.

Lieu d’inspiration des peintres

A deux pas du centre ville, bosquet en bordure de l’Aven, le Bois d’Amour est l’un des plus charmants endroits de Pont-Aven. Son histoire est liée à celle de la cité, en particulier grâce aux peintres, qui avaient choisi cette promenade en bordure de rivière comme motif. Lieu sacré, chargé de symboles, il est entré dans l’histoire en septembre 1888, date du premier séjour de Paul Sérusier à Pont-Aven et de sa rencontre avec Paul Gauguin, la veille de son départ. S’en suit la fameuse leçon de Paul Gauguin à Paul Sérusier dont le plus célèbre « Talisman » garde la trace, en est le plus fameux exemple. Peint par Sérusier sous la dictée de Gauguin, sur le couvercle d’une boîte à cigares, voici la leçon contée par Maurice Denis :

"C’est à la rentrée de 1888 que le nom de Gauguin nous fut révélé par Sérusier, retour de Pont-Aven, qui nous exhibe, non sans mystère, un couvercle de boîte à cigares sur quoi on distinguait un paysage informe à force d’être synthétiquement formulé, en violet, vermillon, vert véronèse et autres couleurs pures, telles qu’elles sortent du tube, presque sana mélange de blanc. Comment voyez-vous cet arbre ? avait dit Gauguin dans un coin du Bois d’Amour : il est bien vert ? Mettez donc du vert, le plus beau de votre palette ; et cette ombre plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. "

Ce petit tableau résume à lui seul les idées et découvertes récentes qui furent reprises par les Nabis. Il devint leur talisman, d’où le nom de l’oeuvre "le Talisman"

Mais bien avant cet épisode historique, dès les premiers peintres américains, le site est dessiné et peint.

"Ce Bois d’Amour où tous les peintres de la colonie de Pont-Aven aimaient venir, séduits par le calme du lieu, la beauté des grands arbres vénérables, la richesse des reflets sans cesse perturbés par le curant du fleuve se heurtant aux lords rochers granitiques, et par les nuages voilant et nuançant la lumière au gré des vents...". Denise Delouche

Gauguin écrit en citant le Bois d’Amour : « L’âme serait portée à la tristesse dans ce cadre tranquille, si un rayon de soleil perçant quand même le feuillage le plus épais ne donnait la sensation de la divine espérance…  ». Le Bois d’Amour correspond à un paysage « état d’âme » très répandu au XIXème dont le paysage suisse incarne l’idéal.

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