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  • Vue générale prise du bois d’amour - noir et blanc
  • Vue sur Pont-Aven depuis le bois d’amour
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Histoire de rues

La commune de Pont-Aven a été créée en 1790, avec environ 180 hectares par prélèvement sur la paroisse de Riec (rive gauche) et sur la paroisse de Nizon (rive droite). La paroisse de Riec, considérée comme bretonne primitive, doit son nom à Rioc, compagnon de Guénolé, fondateur de l’Abbaye de Landévennec (V°-VI° siècle) ; il sera donc fait référence aux nombreuses possessions de l’abbaye dans notre région. La paroisse de Nizon, au contraire, est de fondation plus récente (après le XII° siècle) et a été détachée de Névez et Trégunc. Les communes de Pont-Aven et Nizon ont fusionné en 1954.

La voie gallo-romaine de Quimperlé à Concarneau

Il s’agit là d’une ancienne voie gallo-romaine, dérivation de la rocade Sud-Bretagne, ouverte vers le III° siècle, et dont l’importance au Moyen Age est soulignée par des bois de justice (près du stade municipal) du baron de Riec, sire de Porteneuve. Elle est également portée sur la carte de Cassini (fin XVIII° siècle) qui indique les améliorations faites par le duc d’Aiguillon, gouverneur de la Bretagne, (notamment du côté de Kernaourlan).

Quartiers sur les hauteurs de la rive gauche

Nous rencontrons les villages anciens de Pen Pont-Aven (pen : le haut, le bout), les Quatre Vents, Mein-Poas (la pierre brûlée) et Toulifo (le trou des hêtres).

Rue Louis Lomenech

Rue Louis Lomenech
Rue Louis Lomenech : le nom rappelle une famille de Résistants : Louis Lomenech, industriel-conserveur, et son épouse née Le Glouanec, arrêtés en 1941, morts en déportation. Leur fils aîné : Daniel, né en 1921, dont le colonel Rémy dans ses Mémoires d’un agent secret parle en ces termes, gagne l’Angleterre en 1940 (quand je l’ai revu en 1944-45, il portait l’uniforme d’officier de la Royal Navy). Il était accompagné de Yann Palatre (17 ans) qui fera la guerre dans les convois de l’Atlantique, sera torpillé, repêché par miracle, et finira quartier maître dans les F.F.N.L. (Forces Françaises Navales Libres), ainsi que de Maurice Barlier, à Metz, de la Conserverie Lomenech, qui sera fusillé en 1941, pour espionnage, avec deux autres Résistants, dont le lieutenant de vaisseau d’Estienne d’Orves (voir les affiches rouges de l’époque).

Cette voie était appelée autrement, ancienne route de Quimperlé ; plus tard rue des Ecoles, lorsque les écoles communales auront été construites en 1880-83 (les dernières classes vers 1913) ; quelquefois rue du Stade qui sera inauguré en 1946.

Elle descendait jusqu’à l’Aven, avec ses pavés de grès (sauf la partie centrale), le premier goudronnage ne paraît pas avoir été réalisée avant 1925-30

Quartier du Bourgneuf

Autrefois (ainsi en 1680, 82, 93, 98) ce quartier s’est appelé :

  • Cleu-Donual : cleu, fossé, désigne ici un enclos monastique. Donual ou Denoual, aurait été le gouverneur de Fracan, père de Guénolé (cité plus haut). Ce nom peut s’interpréter : Don ou Den, homme, et wall, gallois ou wald, valeur. De là dérivent des noms d’hommes Denual, Donval, Donald, Tonal… Il en restera une chapelle St Guénolé ou St Caradec, un cimetière et une fontaine. Ou
  • Ker-Bourgneuf : un bourgneuf désigne, en général, un accroissement du bourg, pourvu de franchises. Les marchés et foires seront créés vers le XV° siècle, et confirmés par Louis XIV ; les petites halles seront sans doute construites plus tard.

De cette époque, il ne nous reste que « la maison qui abrite une auberge et l’office de tourisme, et dont le linteau porte la date de 1696 », nous dit B. Queinec. Elle nous donne une idée de ce qu’étaient les habitations les plus communes : un rez-de-chaussée où s’exerçait un commerce, un étage auquel on accédait par un escalier extérieur (ce qui impliquait, peut être, d’autres occupants), un grenier, et un toit de chaume, à l’arrière, une cour ou un jardin.

Le développement de notre centre serait à mettre à l’actif des autorités civiles : les Morillon de la Porteneuve, et les Guer-Poncallec, leurs héritiers par mariage (1440) mais aussi une lignée de Rosmadec qui se fondra également dans Guer-Poncallec (début XVI° siècle).

Centre ville, sur la rive gauche

Nous sommes donc au centre ville, rive gauche, dont la configuration générale n’a pas changé depuis 1832.

Place de l’hôtel de ville

Place de l’Hôtel de Ville : encore appelée, il n’y a pas si longtemps, place de la Liberté (à cause de l’arbre), de la mairie, ou Grand-Place ; sa forme triangulaire tient aux contraintes des collines et de la rivière.

Au sud, sur la prairie rectangulaire, actuellement parking devant l’office de tourisme, étaient construites les halles. Une carte postale, vers 1894, nous les montre encore en bon état.

De là, au pignon de la maison datée de 1696, office de tourisme et auberge de la Fleur d’ajonc, un chemin étroit, qui sera la rue A. Brizeux, amenait à la chapelle Saint Guénolé et au moulin du même nom (ou Ty Meur, ou Simonou). Plus loin, ce chemin n’était qu’un sentier serpentant dans la colline et au bord de l’eau.

A l’ouest et au nord, la place était délimitée par une rue qui partait du pont et s’arrêtait au niveau de la ruelle Correlleau (dite chemin de fond) ressortant vers Toulifo. C’est l’embryon de la rue du Général De Gaulle.

Au cours du XIX° siècle, les transformations seront importantes : constructions de maisons à étages, aux murs blanchis à la chaux tels que les hôtels : Le Bretagne, Les Voyageurs, la grande annexe de l’Hôtel Julia (aujourd’hui Hôtel de Ville), Le Lion d’Or qui deviendra l’Hôtel Le Glouanec puis Les Ajoncs d’Or.

Débuts d’un service d’eau communal, alimenté par sources et citernes, avec ici une fontaine principale au centre de la place.

Construit vers 1840, le n°9, avec son horloge, abritera jusqu’en 1945, la mairie et la justice de paix ; quelques temps aussi l’école communale. Aujourd’hui, la boutique de l’Aven, Maison Péron occupe le bâtiment.

Un tableau de Ernest Correlleau "Fête foraine à Pont-Aven, vers 1925", montre bien la configuration de la place avec un manège sur la place de la liberté, les drapeaux qui flottent sur la façade de la mairie et l’animation de la fête foraine sur la rue.

Rue du Général de Gaulle

Si les propriétaires, au bord de la rivière, disposaient de commodités (lavoirs et cabines d’aisance), il n’en était pas de même des autres habitants ; des accès à l’eau étaient donc prévu.

• Entre les n° 17 et 19, dans la rue : vers le chaos ou Poche-Menu, à défaut de document ancien, il est hasardeux d’interpréter ce nom : peut être Poch-Meineus, sac plein de pierres. Cela avait été l’étang du moulin de Pénanros (Lollichon – Le Dérout) jusqu’à la construction du canal surélevé : il reste quelques morceaux de barrage ; c’était aussi un terrain de jeux pour les gosses, avec l’accord du propriétaire, un lavoir y était installé (quelques marches) ; un sentier, aujourd’hui accaparé, montait jusqu’au petit pont.

Au 17 vivaient les demoiselles Barbarin (les sœurs Mimosa) qui abritèrent pendant la guerre, des personnalités et aviateurs en transit vers l’Angleterre ; elles quittèrent Pont-Aven quelques années après, riches, disait-on, de la vente d’un Gauguin.

• Entre le n°11 et 13 dans la rue, soit entre la boucherie Le Glouanec, puis Le Tallec (3° génération) et la boulangerie Dubeau (disparue, aujourd’hui boutique de vêtements La Courte Paille) ; c’est aujourd’hui un accès à la promenade Xavier Grall.

• Entre les n°20 et 22, sur la place, autre accès à cette promenade. Le n°20 (pharmacie Bayou) a été construit par Jean Le Corronc, sculpteur sur bois (voir panneaux dans la grande salle de l’Hôtel de Ville), restaurateur de meubles anciens, antiquaire marchand de tableaux.

Place Gauguin

Place Paul Gauguin : cette place paraît avoir été ouverte à la construction du nouveau pont ; on y adjoindra une cale à usage de lavoir et de bain à chevaux, et, en 1932, nos pittoresques « toilettes municipales ».
Elle n’a pas de nom ancien ; parfois petite place (de la Mairie), rue du Pont, près du Pont.

Cette place a été illustrée par le n°5, actuellement maison de la presse, où Marie-Jeanne Le Glouanec, installa sa première auberge en 1860, fréquentée par des peintres. Une plaque y a été apposée en 1939, relatant la création de l’Ecole de Peinture. L’immeuble a été rénové par une Ecole de beaux-arts américaine, « Pont-Aven School of Art », dont l’inauguration a eu lieu le 19 juillet 1999.

Au n°7, Yves Cannevet exploitait un café : sa fille épousera Frédéric Satre, entrepreneur en bâtiment et futur maire : elle sera le modèle du tableau de Gauguin, « La Belle Angèle ».

Venelle de Rosmadec

Venelle de Rosmadec ou rue du Moulin.

Par mariage au début du XVI° siècle, ce moulin de Rosmadec, datant du XV° siècle, devient la propriété de Guer-Poncellec (ou Malestroit). A la révolution, cette famille noble n’émigre pas et conserve ses biens ; l’héritier vend son domaine, dont le manoir de la Porte Neuve en 1834.

Barnabé Péron, meunier ici depuis 1818, acquiert le moulin en 1837 et lui donne son nom (ou plutôt son prénom). Né à Tréméven vers 1786, son gendre Thomas-François (1835-1891), enfin Thomas-Alexandre (1814-1898), l’héritier mineur Joseph (1891-1955) ne sera jamais meunier. L’exploitation paraît avoir été continuée quelques temps par leurs cousins, autres Limbour qui tenaient le moulin d’en face. Mais le temps des petits moulins était passé, leur modernisation aurait été trop onéreuse.

En 1920, Gaston Charpentier achète les murs et les loue à J. Le Corronc, qui refait les intérieurs, les décore et y installe une crêperie avec licence de boissons. En 1931, l’ensemble est vendu à J.-B. Kervadec, cuisinier, qui en fera un restaurant bien connu, exploité aujourd’hui par la famille Sebilleau. Chacun se souvient du barman, Jean Guyonic et d’Hélène Fraval.

Dans cette rue, habitait la famille Legrand, le père percepteur, la mère institutrice. Leur fils Jacques sera officier dans les F.F.N.L. épousera une anglaise, il disparaîtra en 1950, dans l’explosion, par une mine, de la frégate météorologique Laplace.

Rue Auguste Brizeux

Rue Auguste Brizeux ou Petit Quai par opposition au grand quai sur la rive droite du port

Cette rue sera élargie à partir de la place centrale puis prolongée jusqu’à son tracé actuel, d’abord devant la Roche Forme et la cale de radoub (quelques mètres de quai) puis le long de la rivière. Le remblai permit de tracer aujourd’hui le jardin que l’on connaît.

Une stèle commémorative à Brizeux orne un énorme bloc de granit ; c’est Théodore Botrel qui avait souhaité et fait faire cet hommage à l’écrivain.

D’une rive à l’autre : la passerelle

La passerelle qui relie les deux rives de l’Aven a été construite en 1907. L’ingénieur responsable du projet s’appelait Bodin. La réalisation fut confiée à l’entreprise Simonneau et Privat. Sa construction a fait appel à une technique de "sculpture" en béton, le motif étant des branches d’arbres. Ce genre de réalisation fut très en vogue entre 1900 et 1914 et de nombreux ouvrages de ce style existent encore un peu partout en Europe.

La technique artistique relative à la rambarde fait appel à un artisan spécialiste appelé "rocailleur".

Centre ville, rive droite

L’ancienne voie gallo-romaine montait vers le cimetière. Des ramifications, de part et d’autres de cette voie principale, sont nées rapidement.

Place de l’église

Point de repère dans une ville, l’église et la place qui porte son nom constituent généralement le centre du village.

A Pont-Aven, la construction tardive de la paroisse et de l’église paroissiale font que l’édifice est un peu à l’écart de l’animation citadine. Tenant compte des habitations existantes, de la vallée de granit encaissée, l’église n’est pas le centre du village.

Construite entre 1872 et 1875, après bien des tergiversations et pas loin de l’ancienne église paroissiale, la nouvelle église sera consacrée en 1878.

Rue Emile Bernard

Comme les autres voies, cette rue paraît avoir été ouverte aux alentours de 1836 sous l’appellation rue Neuve de Concarneau. Elle devait traverser les propriétés du meunier Lollichon. Il fallut canaliser le ruisseau de Pénanros et on construisit au-dessus.

En bas, il y avait la minoterie Limbourg avec son moteur, un monocylindre à gaz pauvre : un bruit irrégulier, à cinq temps, qu’on entendait jour et nuit. C’est aujourd’hui le Crédit Agricole.

La rue était très commerçante : quelqu’un me disait que dans chaque maison, il y avait au moins un commerce : l’auteur d’un article dans le bulletin municipal en avait relevé deux douzaines depuis le pont (Job Cadic, coiffeur), jusqu’au carrefour, le magasin de Mme Vernon et sa pompe à essence Energie plaquée contre le mur de la maison. Aujourd’hui, station-service.

On retrouve dans les toits plusieurs verrières qui éclairaient des ateliers loués aux artistes peintres dont l’un d’eux accueillit Paul Gauguin.

Plus haut dans la rue, la caserne de gendarmerie serait la troisième du nom. On connaît la précédente, rue du Gac, mais Bertrand Queinec nous cite un témoignage selon lequel la première aurait été installée au centre-ville, sans autre précision.

Rue des Abbés Tanguy

C’est donc la voie romaine, partant de la rivière et traversant les villages de Bel-Air, Ti-comic (lire –iss, la maison du bedeau), Kergam et Kérentré. Son nom le plus ancien est rue vieille de Concarneau.

Elle devient rue du Cimetière à l’ouverture de celui-ci vers 1839.

Rebaptisée plus tard rue des Abbés Tanguy en hommage aux 2 écclésiastiques de Pont-Aven morts en déportation pendant la seconde guerre mondiale.
A l’entrée de ce cimetière, on peut voir à gauche, le Monument aux Morts de 14-18 avec ses 106 noms ; et à droite, le Monument aux Abbés Tanguy, déportés et morts : le recteur à Buchenwald en mai 1944 et le vicaire à Flossenbourg en octobre 1944.

Place Henri Delavallée

Du nom d’un artiste peintre qui a vécu dans le quartier.

Dite place au Blé ou au Beurre, suivant les époques, elle forme un bel ensemble du XVII° ou XVIII° siècle.

Ainsi, le n°2 qui devait être sacrifié à la circulation ; le n°4 où Isidore Penven s’installe en 1882, et crée ses fameuses galettes de Pont-Aven ; le n°6 maison d’une Legendre, datée de 1678.

Et en face, le n°1 avec sa façade trop disparate pour être datée, mais aussi un escalier intérieur en pierres, ce qui dénote une maison d’une certaine importance.

En amont de cette place, la place de l’Eglise et la rue Emile Bernard n’existaient pas en 1832.

Rue Job Philippe

Rue Job Philippe
Autrefois rue du Presbytère (le n°12) et rue St Mathurin (deuxième patron de la paroisse).

Plus tard baptisée "rue Job Philippe" en hommage à un martyr de la guerre 39-45 démontrant que la raison du plus fort est toujours la meilleure.

Bertrand Queinec retrace l’épisode dans l’un de ses ouvrages :
« Les Allemands et les Russes qu’ils ont embrigadé, sont on ne peut plus nerveux. En cet après-midi du 4 août, tout est calme, mais voici qu’apparaît au haut de la rue de Concarneau (à Pont-Aven) un soldat allemand, à bicyclette, qui descend la pente à faible allure : certainement inquiet, craignant à n’en pas douter une attaque. Au niveau du pont, ce soldat aperçoit Marcel Philippe, qui rejoint son domicile. Il le rejoint et cherche à s’emparer de son vélo. Job Philippe, sort de sa maison et vient aussitôt au secours de son frère Marcel. Une altercation se produit, l’Allemand perd patience et ramène Job vers le Café du Centre. A ce moment arrive une colonne nombreuse, environ 200 soldats, à pied, divisée en deux colonnes rasant les murs, laissant libre la largeur de la route. L’officier commandant ce détachement a aperçu son éclaireur aux prises avec Job. Un coup de sifflet, les hommes se mettent en position de combat. Job est collé au mur, un peloton de 3 ou 4 hommes se met en place. Arrive alors, Robert Rahm : il n’hésite pas un instant à tenter de sauver Job. Il intercède en allemand auprès de l’officier, se met à genoux, mais n’obtient pas de réponse, mais reçoit alors une gifle et un coup de crosse. Job, encadré par 2 ou 3 soldats, prend place dans la colonne qui se dirige à pied vers Riec. A la sortie de Pont-Aven, Francis Le Naour prend peur lorsqu’il aperçoit Job Philippe encadré par les Allemands. Il fuit vers Roz Voën, poursuivi par l’ennemi. Il est atteint d’une rafale de mitraillette : omoplate cassée. A quelques pas de là, les résistants entendent bien deux ou trois rafales de mitraillettes vers 2 heures du matin. Ils ne savent pas alors, ne se doutent pas qu’il s’agit du meurtre, « le massacre » de Job Philippe. Son corps ne fut découvert que le 9 août par des ouvriers de la carrière, attirés par l’odeur de a décomposition."

Venelle ou Rue de la Petite Tourte

Quittant la rue Emile Bernard sur la droite en montant.

Dite aussi Rouzic Vinn la petite, la petite lande. Selon une tradition, le premier nom tiendrait au fait que les habitants faisaient cuire chez le fournier, une tourte (le pain de la semaine) plus petite que d’autres.

Cette rue étroite mais pittoresque, longée par le ruisseau de Pénanros, devient vite un sentier avec des marches tailles dans la roche, et menant à la fontaine de Kermentec. Aujourd’hui, on butte sur un mur, et l’on doit tourner à droite vers un lieu-dit Ti-Lan-Douze (peut-être pour Ti-Lan-an-dos)= la maison de la land de la colline qui rejoint la rue du Bois d’Amour.

Rue du Bois d’Amour

Menant au Bois d’Amour. Autrefois rue Mathias (pourquoi ?)

A noter le n° 4, autre exemple d’une maison du XVIII° siècle, avec un escalier extérieur sous auvent.
Le n° 8, appartenait à la famille Coantic, aurait été la maison du premier docteur médecin appelé par la population.
Au n°9 habitaient l’artiste peintre Albert Goepp et sa gouvernante Yannick.

Cette rue se terminait par la rue du Patronage (Ti-landouze) construit par la paroisse sur un terrain donné par la famille de La Villemarqué (aujourd’hui place E. Cueff).

Rue des moulins

Autrefois rue Quignon (pourquoi ?).

Il reste le moulin de Pénanros (minoterie Le Derout). Le petit Poulguin (Cotonnec, Coantic) a disparu. Kermentec (ou moulin David) a été exploité jusqu’en 1958 par la famille Le Bec. Avant 1848, Kermentec, situé en Nizon, était moulin à papier, tenu par les Affichard, une famille normande des diocèses de Coutances ou Avranches.

Colline Sainte Marguerite

Du nom de la petite chapelle qui coiffe la colline. Si proche du centre de Pont-Aven mais qui fait pourtant partie de la commune de Riec-sur-Bélon.

Rue Sainte-Marguerite

Elle mène à une chapelle autrefois très fréquentée par les Pontavénistes, et qui s’est appelée Lottivi (XVII° siècle) pour Loc-Divy ou Dewy un Saint invoqué pour les malades infantiles ; sa fontaine est peut-être ce qui est appelé aujourd’hui le bain des chevaux.

La ferme de Pen Chaou (pour Pen an quéau, le bout du creux) est située au bord du plateau ; elle est l’une des trois fermes de Riec rattachées à Pont-Aven en 1790.

L’artiste peintre Ladislas Slevensky a habité le château de Bellevue vers 1909. On se souvient aussi de Mathurin Bolou, qui faisait quatre fois par jour, à pied, le trajet de son café vers la place de l’église, à la carrière de pierres qu’il exploitait dans la colline, et se proclamait « officier de carrière ».

Rue de la Belle Angèle

Autrefois route de Bannalec, qui paraît avoir été ouverte vers 1836, peut-être pas dans son tracé actuel. Ce n’était auparavant qu’un chemin traversant le village de Kerandistro (village du détour) pour desservir le Moulin Neuf dans le Bois d’Amour, appartenant à la famille de La Villemarqué, et menant au village de Kergren (village de moyenne importance). Le quartier s’enrichira de l’usine électrique vers 1899, née de la transformation du moulin céréalier qu’était auparavant le Moulin Neuf. A cette époque, on y exploitera des carrières pour fournir le remblai du chemin de fer.

Angèle Canévet était l’épouse du maire Frédéric Satre. Paul Gauguin leur avait offert le tableau "la Belle Angèle", aujourd’hui au musée d’Orsay mais que Frédéric, pourtant ami et défenseur de Gauguin avait refusé, trouvait qu’il présentait sa femme en laideron. Les Satre habitaient à l’époque Roz-ar-Veilh (la lande du moulin), sans doute à cause d’un moulin à vent (il en existait aussi sur la colline d’en face, au-dessus du Toulifo).

Après la guerre de 14-18, c’était devenu le quartier des usines de conserves : Raymond, puis Robert Le Glouanec : deux usines traitant légumes et poissons (sardines, thons et maquereaux) et Estival, puis Berthou-Satre, deux autres ne faisant que les légumes (pois et haricots). Et à côté, La tournerie de Bretagne, exploitée par les Satre.

On peut imaginer ce qu’était, à la saison, l’activité dans cette vallée : les charrettes des paysans ou les camions des courtiers livrant les légumes et remportant les cosses de pois qui servaient parfois de nourriture aux vaches (ce qui pouvait donner mauvais goût au beurre), ou finissaient de pourrir dans un coin de champs ; le va-et-vient des femmes avec des sacs de haricots que l’on équeutait en famille ; les odeurs de fritures…, mais aussi celles du camion de la S.F.I.M. qui récupérait les déchets de poissons et lâchait du jus dans les rues surchauffées… Et la sortie des usines, après une journée de poisson : les sonnettes des vélos, le martèlement de centaines de sabots, claques, socques et galoches dans la nuit, puis le silence, subitement ; chacun était pressé de rentrer chez soi, car le travail pouvait reprendre dans quelques heures.

Rue de Kerlaouen

C’est le tracé de l’ancien chemin de fer venant de Quimperlé et Riec-sur-Bélon.

Rue de la Villemarqué – Rue de Rustéphan

Rue de la Villemarqué – Rue de Rustéphan
Quittant la colline Ste Marguerite pour enjamber l’Aven, le viaduc, construit pour les besoins du chemin de fer, se prolonge par cette rue.

La famille de La Villemarqué était et est propriétaire du Bois d’Amour, de la chapelle de Trémalo et du manoir du Plessis qu’ils habitent. Il était normal qu’une portion de cette rue qui longe leur domaine soit ainsi baptisée.

Dans le prolongement, le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer vers Nizon porte le nom de rue de Rustéphan en hommage aux ruines du château qui s’y trouve et à la légende qui l’habite.

Rive droite vers le port

Le commerce maritime (petit cabotage) est le troisième point de l’activité économique après les moulins et le commerce local (foires et salons).
Pour accéder au port, autrefois, une seule voie.

Rue des Meunières

Autrefois : Rue Vieille du Quai.

Le nom actuel a surpris plus d’un. Ce n’est pas tout à fait le quartier des moulins (rue du Bois d’Amour et rue des moulins), et les meunières (de familles plutôt aisées) n’avaient pas l’habitude d’attendre le chaland sur le pas de leur porte ; il y avait des marchands de farine pour cela. C’est tout simplement un hommage aux filles de la chanson de Théodore Botrel.

Bourgeoise dans sa partie haute, elle était aussi très commerçante. On peut relever le n°1 avec ses trois niveaux et ses mansardes décorées. Le n°2 avec sa tourelle, résidence de notaires déjà au XVIII° siècle. Les 14 et 16 sur la place. Les 1 et 13 qui sont un exemple des maisons basses de l’époque. La maison de la coutume, avec son escalier extérieur, où le site du Henant faisait encaisser ses droits de marché, a disparu.

Les échoppes ne manquaient pas ; petites avec une porte et une vitre au-dessus d’une pierre plate servant d’étal.
B. Queinec nous raconte un conflit entre les communautés de Concarneau et Pont-Aven au début du XIX° siècle. Les moines de Landevennec et leur prieuré de Conq, premiers propriétaires, et sans doute promoteurs de l’activité portuaire, percevaient une taxe sur les boissons débarquées, dite droit de pavé. Mais ils semblent avoir oublié leurs obligations d’entretien de la rue, et chacun s’en plaignait.
Concarneau, héritière du prieuré et de son hôpital , n’a retenu que l’avantage et non la contrainte.

Cette rue perdra son importance à l’ouverture d’une autre voie, l’actuelle rue parallèle dite "rue du port".

Rue du Port

Rue du Port ou Rue Neuve du Quai.

Projetée en 1838, elle sera ouverte en 1842 et entièrement pavée à l’origine. Le pavé a disparu, de même que l’escalier double qui coupait le trottoir et permettait l’accès à la rivière. Bordant l’Aven ou plutôt l’étang que l’on venait de creuser pour le moulin, elle nous offre l’un des plus jolis sites de la ville.

La construction d’immeubles de rapport à plusieurs niveaux a éliminé les maisons basses anciennes ; un des derniers exemples, à la place du n°10, celle où Yannick Goepp a tenu une crêperie avant 1939.

Passant au bas de la Place Royale, cette rue nous mène au port et au moulin du Grand Poulguin, tenu par Sébastien Even jusqu’à son installation à la ferme de Kerevennou puis la famille Lijour, autres meuniers qu l’on retrouve en amont sur l’Aven.

Place Royale

Aussi appelée place aux chevaux ou aux cochons suivant son affectation les jours de marché.

Un acte notarié de 1819 y situe une fontaine St Guénolé (comme sur l’autre rive).

Cette place devait avoir une certaine allure lorsqu’elle était bordée de maisons à façades de granit. Il en reste les n°14 et 16 en haut, et en bas le moulin de la Porte Neuve dit encore moulin à eau du Hénan par opposition au moulin à mer que l’on connaît.

La décoration extérieure surprend. L’explication est peut-être que les sculptures proviennent du château de Rustéphan en ruines avant la Révolution et aussi propriété des Euzenou.

Venelle Rozambidou

Ne paraît avoir été appelée autrement, Roe=au-dessus mais personne n’a su expliquer « an bidou ».

Compte tenu du caractère religieux initial du quartier et d’une fontaine St Guénolé,on serait enclin à y rechercher les autres éléments habituels : un lieu de culte et un cimetière. Or tombe, tombeau se disent en breton bez, biz et une régression du z vers d ou t est possible à Névez où l’on a port / porz, cat / caz, pit / piz. Alors Roz an Bidou,au-dessus des tombes ou la colline des tombes ?

En fait, on n’en sait rien et attend un bon informateur.

Cette venelle est une promenade idéale pour les amateurs de sentiers escarpés au calme. Cet itinéraire accidenté et ombragé redescend au centre ville par la venelle de bel Air qui débouche à l’entrée de la rue des Meunières.

Quai Théodore Botrel

Ou simplement le Quai, le Grand Quai.
Aujourd’hui Quai Théodore Botrel, en hommage au barde breton installé, mort et enterré à Pont-Aven.

Le Quai initial, vu par Cambry en 1797, n’avait que quelques dizaines de mètres et était encombré de rochers ; au-delà, c’était l’estran et les vasières, avec un chantier de constructions de barques (au niveau du n° 11, dernière maison à toit de chaume de la ville).

Puis vers 1834, le quai fut prolongé avec l’installation de deux cales ; de nouveaux travaux en 1873 et une dernière tranche de travaux à la fin du siècle.

Le quai est dominé par la colline de Roz Goden (nom inexpliqué). L’ouverture d’un jardin public, dit square Botrel, lui donnera son aspect actuel.

B. Queinec nous a conté l’activité de ce port : on peut retenir que le petit cabotage fait la fortune de quelques familles de capitaines / armateurs. Il a aussi donné aux bourgeois de la ville le goût de bons portos, ayant un peu navigué.

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