Histoire & Patrimoine

Accueil /// Histoire & Patrimoine /// Histoire /// L’arrivée de peintres /// L’Ecole de Pont-Aven en 8 points

  • Vue générale prise du bois d’amour - noir et blanc
  • Vue sur Pont-Aven depuis le bois d’amour
  • Vue générale prise du bois d’amour - noir et blanc
  • Vue sur Pont-Aven depuis le bois d’amour

L’Ecole de Pont-Aven en 8 points

C’est de la musique, si vous voulez !

J’obtiens par des arrangements de lignes et de couleurs, …, des symphonies, des harmonies ne représentant rien d’absolument réel au sens vulgaire du mot, n’exprimant directement aucune idée, mais qui doivent faire penser comme la musique fait penser, simplement par des affinités mystérieuses qui sont entre nos cerveaux et tels arrangements de couleurs et de lignes

Oser la couleur :

Les couleurs ne sont pas celles du paysage. Quand l’artiste voit quelque chose d’un peu rouge (comme un arbre en automne), il le peint du plus beau rouge de sa palette – une ombre un peu bleue, du bleu intense et uniforme. L’artiste exagère la couleur, il ose la couleur
Parfois même, il transforme la couleur comme la ciel vert du tableau ci-contre.
L’artiste ne peint ce qu’il voit avec ses yeux, il peint ce qu’il voit avec son cœur, avec son imagination.
« Au moyen d’harmonies savantes on crée le symbole. La couleur qui est vibration comme la musique atteint ce qu’il y a de plus général et partant de plus vague dans la nature : sa force intérieure… »

Aplats de couleurs :

Les couleurs sont posées en aplats, sans nuance. Ce sont des blocs de couleur uniformes (couleur pure et vive) qui se juxtaposent, comme les pièces d’un puzzle. Il n’y a plus l’effet des ombres et de la lumière si cher aux impressionnistes.
Grammaire de couleurs. Couleurs chaudes, couleurs froides – primaires, secondaires, tertiaires – complémentaires, dissonantes. Comme il y a la grammaire des mots pour un écrivain, l’artiste suit la grammaire des couleurs.

Cloisonnisme :

Chacun des blocs de couleur est cerné d’un trait plus foncé. C’est le cloisonnisme. Ce cerne permet de délimiter les aplats de couleur les uns par rapport aux autres. Il permet aussi de mettre en valeur les éléments peints.
Les jeunes enfants se servent facilement de cette technique : « pour que ça se voit mieux – pour ne pas déborder ». Ils ont tout compris.
Paul Gauguin utilisait le bleu de Prusse, un bleu très foncé

Synthétisme :

Le but de ces artistes est « aller à l’essentiel ». Eliminer les détails qui n’ajoutent rien à l’idée à faire passer. Ne conserver que les éléments principaux. Comme un résumé, on garde ce qui est important et on supprime tous les détails superflus.
Il n’y a ni porte ni fenêtre aux maisons ; ce qui n’empêche pas de les voir. Personnage sans détail anatomique et pourtant pas de doute possible, c’est une femme

Symbolisme :

A l’inverse du point précédent, l’artiste peut aussi exagérer un élément du paysage ou un détail anatomique pour attirer notre attention sur un aspect, sur un message à faire passer.
Pour « les enfants luttant », c’est la taille des pieds qui traduit le besoin d’appui solide au sol pour gagner le combat.
Dans "le sabotier" exposé au musée de Pont-Aven, ce sont les mains de l’artisan qui façonne les sabots.
Introduction aussi d’objets, animaux à forte valeur suggestive d’une idée pour faire passer un message, à priori, parfois caché.

Géométrisation :

Le squelette du tableau est composé de lignes et formes géométriques.
L’utilisation des formes contribue aussi à l’impression de douceur ou dureté transmise par le tableau.

Perspective et proportions :

Contrairement à ce que perçoit l’œil et à ce que peignent les artistes réalistes et impressionnistes, la perspective humaine est modifiée. Le tableau ne part pas en profondeur. La 3ème dimension est supprimée. Un tableau, c’est une toile, une surface plane avec une hauteur et une largeur.
Ce qui est plus loin dans le regard est peint plus haut sur le tableau. Les sujets se superposent en étages. La perspective est en hauteur. Plus fort, c’est même souvent une vue plongeant sur la scène suivie d’une perspective en hauteur. Souvent, il n’y a pas de ciel, pas de ligne d’horizon. De même, l’artiste ne respecte les proportions liées à l’éloignement. Ce qui est plus loin est plus haut dans le tableau mais pas forcément plus petit.

Ainsi, chaque artiste de l’Ecole de Pont-Aven a assimilé les idées développées par le groupe puis les a en suite personnalisées. Tous les tableaux sont identiques car ils comportent les mêmes points techniques. Tous les tableaux sont différents car chaque artiste a sa personnalité et sa sensibilité. Il exprime une vision subjective des sujets.
Il en va de même pour le public. Chacun regarde, interprète et apprécie avec son cœur. On aime ou on n’aime pas mais aucun tableau ne laisse indifférent.

Inscrivez-vous sur notre newsletter

Galerie

  • La campagne
  • La ville
  • La mer
  • Pont-Aven, hier
  • Le port
  • Les moulins
  • Nizon

Agenda

Partager la page