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La Chapelle de Trémalo

Lieu d’inspiration des peintres, la chapelle de Trémalo a été rendue célèbre par Paul Gauguin. L’artiste s’est inspiré du crucifix en bois polychrome pour son tableau "Le Christ Jaune" et "l"autoportrait au Christ Jaune"

  • Vue du port de Pont-Aven en aval
  • Vannes de moulin à Pont-Aven
  • Promenade Xavier Grall
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La Chapelle de Trémalo

Historique de la chapelle

Trémalo, haute station de pèlerinage culturel, fréquenté par ceux qui partent à la recherche des lieux d’inspiration de l’Ecole de Pont-Aven, exerce, à chaque visite, une fascination renouvelée. Remercions l’ “Association pour la sauvegarde de la Chapelle de Trémalo” qui veille, pour la joie de tous, sur le joyau avec une constante et pieuse sollicitude.

Sur les hauteurs du Bois-d’Amour

De la chapelle de Trémalo, dédiée à Notre-Dame, ce que l’on aperçoit, montant de Pont-Aven en longeant les futaies du Bois d’Amour par l’ allée de chênes et de châtaigniers, c’est un chevet qui oblige le chemin à faire un écart. Abordé à l’improviste, on ne trouve pas ici le “placître” habituel, cet espace entouré d’une clôture isolant le sacré du profane. Ainsi, on accède à la chapelle de plain pied, sans franchir de porte monumentale, sans avoir à enjamber aucun échalier.
Notre-Dame de Trémalo, propriété privée, dépend du domaine du Plessis dont le château se dresse à quelques centaines de mètres vers l’est. La garde et l’entretien relèvent donc de propriétaires aidés en cela par l’active “Association pour la sauvegarde de la chapelle de Trémalo, Le Plessis Nizon”.
Du point de vue étymologique, la particule “Tré-” désigne, selon Bernard Tanguy, non une trève dépendant d’une paroisse, mais un village d’origine ancienne qui tirerait son nom d’un personnage, un certain Malo dont la silhouette se perd dans la nuit des temps. Paradoxalement, si un acte de 1653 donne à la chapelle le titre de “Notre-Dame de Saint-Malou, en laditte paroisse de Nizon”, aucune statue n’évoque ici le patron de la cité des corsaires. A moins que Malo étant bien loin, on lui ait, à une époque donnée, attribué le nom de Corentin, fondateur du diocèse de Cornouaille. Ce ne serait pas la seule fois qu’une statue ait été rebaptisée pour les besoins de la cause locale.

Bâtie en 1550

La date de construction de la chapelle se tire de l’ inscription qui règne au-dessus de la porte méridionale, où l’ocre rouge qui rehaussait jadis les contours du panneau a laissé quelques traces.
Le millésime 1550, en chiffres arabes qui succédaient vers cette époque à la vénérable numérotation médiévale, est clair. Mais, pour le reste de l’inscription, le lapicide illettré reproduit mollement le dessin fourni par le clerc. Ses caractères gothiques qui ont de plus souffert de la morsure du temps et de l’envahissement des lichens, en témoignent. Ceci dit la lecture suivante s’offre avec une certaine assurance :
ALAIN AUDREN / FABRIQUE DE CEANS / L’AN 1550.
Le “fabrique”, paroissien en charge de l’édifice, assure les rentrées d’argent et pourvoit aux dépenses. On sait, mais par ailleurs, que le recteur de Nizon, est alors Jacques Le Vescoz . Pourvu de son poste en 1549, il s’y maintient jusqu’en 1580 (“Bulletin diocésain d’histoire et d’Archéologie”, 1938, p. 47).
On citera pour mémoire que la notice publiée en 1996, par le Musée d’Orsay, proposait de lire ici le nom de “Guilquenquis (Guillaume du Plessis en français) avec la date de 1558”. Certes, on retrouve les armoiries du personnage ailleurs dans l’édifice mais la lecture interprétative de notre inscription lapidaire ne résiste pas à l’examen.
L’ensemble de l’édifice, bien de l’époque où règne toujours le gothique flamboyant, s’apparente, sauf pour la fenêtre établie en 1772, aux monuments que l’on peut visiter dans la proche région,

Une grande simplicité d’allure

Le plan de la chapelle, rectangulaire, vingt-quatre pas de longueur sur treize, est simple. La pente du toit, qui au nord descend à hauteur d’homme, est soutenue par une simple corniche en quart de rond. L’ensemble de l’appareillage en pierres de taille bien assisées, compte dans la longueur du mur nord, de quatre à cinq lits posés sur une ligne de fondation légèrement débordante. La robustesse d’un tel appareil se satisfait d’une sobriété rurale. Pas de plinthes élaborées qui souligneraient le pied des murs comme souvent ailleurs. Les délicates moulures de telles pllinthes sont réservées aux contreforts du chevet .
A l’intérieur, le sol pavé de grandes pièces de granite n’a pas cette légère déclivité, montante ou descendante, qui s’observe en certains sanctuaires. Comme on n’y relève ni dalle funéraire, ni voûte d’enfeu s’ouvrant dans la ligne des murs, on ne voit pas qu’il n’y eut ici d’inhumations intérieures.

Vue extérieure de la chapelle

L’élévation occidentale et son clocher “cornouaillais”

La façade occidentale flanquée de contreforts biais, s’anime de deux autres droits qui encadrent une porte sans ornement autre qu’une mouluration à double cavet soulignant les pieds-droits et l’arc en anse de panier. Vers le milieu de l’élévation de la façade, un ange tient un écu au contour tourmenté, une caractéristique qui l’apparente à l’héraldique germanique. S’y devine le chêne englanté des Du Plessis, que l’on reverra à l’intérieur de manière plus claire.
Sur le rampant du pignon nord grimpe un escalier de vingt-et-une marches qui permettent d’accéder à la cloche, dont nous n’avons su relever les inscriptions. Le clocher légèrement penché est du type cornouaillais le plus simple qui soit. Souche carrée, corniche, chambre haute couronnée de gâbles flanqués de pinacles et flèche octogonale aux arêtes garnies de crochets.

Un chevet plat à trois baies

Bien plus que la façade qui arrête peu les regards, s’impose le chevet, offert d’emblée, comme on l’a dit, au regard de qui monte à Trémalo. Chevet rêvé de la “chapelle bretonne” type, c’est lui que magnifient depuis des décennies, les artistes, qu’ils soient peintres ou photographes.
Alors que déjà presqu’un siècle auparavant s’est introduit, dans le pays du Trégor, le chevet à pans coupés, le nôtre s’inscrit, quelque peu archaïque, dans la tradition gothique des chevets droits. Le grand pignon triangulaire se renforce, comme la façade de contreforts au milieu et aux angles. Chacun porte les assises destinées à recevoir des pinacles dont on ne saura s’ils ont disparu au cours des âges, ou s’ils n’ont jamais été construits. L’interrogation sur de tels inachèvements, se pose devant d’autres monuments anciens, que ce soit à Guimiliau, à Sizun ou à Tréflévénez pour n’en citer que trois.
L’observateur attentif notera le décalage léger de l’axe de la baie par rapport au fleuron terminal . Loin d’être un manque de rigueur dans le savoir faire des ouvriers, c’est une manière de rendre les choses “solubles dans l’air”. On évite ainsi le tracé rigoureusement géométrique qui dessèche l’ oeuvre en figeant l’oeil. L’exemple de telles “irrégularités” donné par l’antique Parthénon est célèbre.
Deux séries de sept crochets à ornement végétal, dont certains sont brisés, ponctuent les pentes du chevet dont les retombées s’appuient sur des crossettes. Simple au nord, celle du sud s’anime du lion qui tient l’écu du Plessis, contours tourmentés comme celui de la façade.
Des trois baies flamboyantes du chevet, celle de gauche a été murée suite à l’installation du retable de sainte Anne. La grande baie centrale se compose de trois lancettes et d’un réseau à six lobes, deux soufflets et quatre mouchettes. Le contour lisse de chacune de ces divisions témoigne de la simplification des lignes qui supprime les dents que garde encore une baie plus ancienne ouverte dans le mur sud de la chapelle.

Une élévation méridionale accueillante

Sous la pente du toit de ce côté, s’ouvrent deux portes. La petite en anse de panier est fort simple. La grande, pieds droits unis, en anse de panier elle aussi, a le fronton surmonté d’une accolade à feuilles de vigne et des pinacles latéraux posés sur de charmants culots animés de masques humains fort bien sculptés. L’ inscription de 1550 qui règne de chaque côté de la pointe de son accolade a été étudiée plus haut.
En plus du fenestron carré qui éclaire la sacristie et de la petite fenêtre en arc brisé qui ne dépasse pas le rebord de la toiture, la façade sud comporte deux baies “passantes” ainsi nommées parce qu’elles dépassent la ligne basse de la toiture. Loin d’être de la même époque, la plus ancienne a gardé son remplage d’origine, soufflet et mouchettes garnis de dents qui, on l’a dit, relèvent d’un certain archaïsme. L’autre, établie en 1755, postérieure de plus de deux siècles mérite qu’on s’y attarde car bien documentée, elle permet de saisir la vie de l’édifice.

La fenêtre établie lors de la restauration de 1755

Grâce au document conservé aux Archives du Finistère ( 4 E 191 / 36), publié par Michel Guéguen, dans le “Bulletin de la Société archéologique du Finistère” (1997, p. 154-155), on connaît bien l’histoire de cette seconde fenêtre passante.
En 1755, l’état de la chapelle ne laissant pas de l’émouvoir, Jean-Baptiste Mahé, recteur de Nizon ((1727-1762), s’adresse au menuisier Julien Coantic, ainsi qu’à Julien Rouas et Joseph Daniellou, maîtres couvreurs de la paroisse pour effectuer des réparations qui se révèlent importantes.
Charpente et couverture sont refaites. La façade sud, entre le pignon et “la porte principale estante dans ladite costière”. est relevée “ à neuf et de fond en comble” sur 25 pieds de longueur, soit plus de huit mètres. Dans le mur percé de l’ancien oeil de boeuf qui éclairait chichement l’autel de sainte Anne, on construit la large baie que nous connaissons, dans la manière de l’époque. Elle se distingue par son arc en plein cintre et l’absence de meneaux de pierre. Le recteur avait, en effet, stipulé que pour maintenir le vitrage, il fallait mettre“une barre de fer de haut en bas et deux en travers”.
La même campagne de travaux modifie en outre la vitre d’entre les deux portes du midi, en raccourcissant “ la pointe de l’éguille (le pignon triangulaire) pour la mettre au niveau de la neuve”. Les deux fenêtres pointues de la chapelle de Kergornet à quelques kilomètres donnent une idée du profil que pouvait avoir la “vitre entre les deux portes” avant le remodelage de 1755. La même année, pignon du chevet, mur nord et “pignon-clocher” font l’objet de réparations.
Un tel ensemble de travaux montre combien Trémalo, dont la paroisse avait la charge en ce temps-là, était en triste état . Deux siècles plus tard, en 1957, sans préjuger de ce qui a pu être fait entre temps, intervient la restauration importante entreprise par le vicomte Patrice de la Villemarqué de Cornouaille, sieur du Plessis Nizon (1904-1959). L’allée qui donne accès à la chapelle par le nord porte avec justice le nom de celui à qui Trémalo doit d’avoir son visage d’aujourd’hui.

Visite intérieure, les vitraux

Un volume intérieur homogène

Le volume intérieur divisé en trois vaisseaux est homogène. Le décapage des murs, relativement récent, a épargné des portions de l’ancien enduit portant des vestiges de peinture. Se devinent ainsi dans le choeur des traits à l’ocre rouge, dont on a du mal à saisir la cohérence. A l’autel de sainte Anne paraissent, dans la même teinte ocre, à gauche de la niche, une grand fleur de lis, et au-dessus de la pointe de la fenêtre le monogramme S A .
Sur les dix piliers, neuf sont cylindriques, un, côté nord, est octogonal. Ce dernier soutient un arc dont la modénature élaborée soit composée d’un double cavet. Les autres reçoivent des arcs à pans lisses. En revanche, tous les piliers, les ronds et l’octogonal, sont “à pénétration”, les nervures des arcs“ pénétrant” dans les colonnes sans l’intermédiaire des chapiteaux inhérents aux systèmes roman, gothique ou même classique. Mis à part les deux pleins cintres situés au côté sud de la nef les arcs sont des arcs brisés.
Dans le mur du choeur s’ouvre, à gauche, l’armoire eucharistique et, à droite, la crédence destinée à recevoir le plateau et les burettes pour la messe. Aux entrées méridionales, l’un des bénitiers est une simple cuve à pans coupés accrochée au mur, l’autre, un bassin orné d’une mouluration, est soutenu par une colonne.

Rare vitrail représentant la Messe de saint Grégoire

Si la baie axiale montre de rares vestiges d’anciens vitraux, on n’y voit nul vestige de l’Arbre de Jessé évoqué dans le “Bulletin Diocésain d’Histoire et d’Archéologie” ( 1938, p. 45). L’Arbre mythique a cédé la place à un maillage coloré kaléidoscopique.
Le réseau à six lobes de la baie, deux soufflets médians et quatre mouchettes, a, en revanche, conservé des éléments anciens. Parmi eux la belle oeuvre de verre que l’on pourrait dater des années 1550, est d’autant plus précieuse que son thème est rare en Bretagne. Quasi intacte, “la Messe de Saint Grégoire”, qu’il ne faut pas confondre avec la Cène, a joui d’une vogue prodigieuse aux XVe et XVIe siècles. C’est l’illustration du miracle qui s’est produit alors que le pape Grégoire (540-604) était à l’autel. L’un des assistants douteant de la Présence réelle, apparut aux yeux des fidèles le Christ de la Passion. Représenté de diverses manières par les artistes qui ont illustré le propos, le verrier e Trémalo montre le ressuscité plongé à mi-corps dans le tombeau placé à l’ arrière de l’autel. Nimbé, couronné d’épines, flanc percé, mains liées, le fouet de la flagellation est posé à son côté. Sur les pages du livre ouvert sur l’autel pontifical on aurait aimé déchiffrer les sept lignes tracées par le peintre. Mais ici, comme souvent ailleurs, ce ne sont que signes cabalistiques jetés à la hâte par l’ouvrier avant l’enfournement des pièces de verre dans le four de cuisson.

La seconde scène, fortement restaurée en 1957, représente la “Visite des saintes femmes au tombeau”.

On connaît l’empressement, de celles qui, au matin de Pâques, voulaient parfaire l’embaumement du corps de Jésus déposé à la hâte dans le sépulcre le soir du vendredi. Il y a là Jeanne, Marie, mère de Jacques et Marie de Magdala, qui porte le vase de parfums (Saint Luc (24, 10).

Les armoiries du vitrail

Pour ce qui est des armoiries présentées dans les quatre autres lobes du vitrail d’axe, nous les décrirons en nous aidant de l’excellente notice “ La chapelle de Trémalo en Nizon” , complétée par “l’Armorial et Nobiliaire” de Pol Potier de Courcy . Par souci de clarté, on partira de la pointe du réseau.
N° 1. En prééminence, l’écu de la famille Hersart de la Villemarqué “présents au Plessis depuis 1798” : “d’or à la herse sarrasine de sable”. L’écu est surmonté d’un casque fermé et de la couronne comtale posée sur un bourrelet. La devise des Hersart, “evertit et oequat (sic)” ( il bouleverse et aplanit), en accord avec la métaphore de la herse, n’a pas été retenue dans la restauration.
N° 2. Armoiries du Plessis, sous un casque fermé, cimier au lion sur le bourrelet, lambrequins tailladés en volutes feuillagées, un détail emprunté à l’héraldique germanique : “d’argent au chêne arraché et tigé de sinople, englanté d’or au franc-canton aussi d’argent chargé de deux haches d’armes de gueules adossées et posées en pal. ”
N° 3. Placé lors de la restauration, l’écu “d’azur au chevron d’or cantonné de coquilles Saint-Jacques , 2, 1”, évoque les Feydeau de Vaugien, qui avaient été les propriétaires du Plessis de 1690 à 1798.
N° 4. En alliance, les armes de Guillaume du Plessis et de Marguerite du Rinquier du Poulguin, fondateurs de la chapelle. Mi-parti du Plessis et Rinquier de Poulguin : “de gueules au lion rampant morné d’or.” Un blason analogue occupait l’oculus évoqué plus haut et qui fut supprimé en 1755 pour faire place à la baie en plein cintre afin de mieux éclairer l’autel de sainte Anne.

Visite intérieure, la statuaire et les autels

Poutres à engoulants

Selon un schéma répandu dans maints vaisseaux des chapelles bretonnes, couvertes non de voûtes en pierre mais de lambris de bois, les poutres de Trémalo, de section octogonale, se terminent par des gueules monstrueuses qui semblent les avaler, justement nommées “poutres à engoulants”. L’épaisseur donnée par le charpentier à la partie insérée dans le mur est destinée à pallier les méfaits conjugués de la vermine et de l’humidité. Cette nécessité technique conduit à l’ornement en forme de gueules où se plante l’épieu du chasseur ancestral qui maîtrise sa proie. Les symbolistes y verront l’image des forces maléfiques jugulées par les spirituelles, une conjonction qui concourt à la stabilité de l’édifice. Ici, les figures monstrueuses des extrémités se doublent de celles qui sont sculptées dans le mitan des poutres. Pour ce qui est du tourillon qui pend au milieu de celle du choeur, il faut y voir une pièce faite pour suspendre un lustre qui a disparu.

Sablières ponctuées de masques d’hommes, d’animaux et de bêtes fabuleuses

La sablière confirme, comme la poutre à engoulant, le lien étroit de l’ornemental et du structurel. Le terme de sablière dérive du mot “sable”. Sable de carrière à gros grains que le maçon étale sur le plat du mur qu’il achève, avant de faire place au charpentier qui installe les pièces de bois,, les sablières, sur lesquelles s’assoiront les fermes de la charpente. Sur ces pièces fort utiles techniquement se grefferont, à l’occasion, d’épaisses planches plus ou moins ornées auxquelles on donne par extension le nom de sablières.
A Trémalo, à l’encontre d’édifices qui s’offrent en ce cas des cartouches baroques aux cuirs finement traités ou des scènes diverses, on reste dans la sobriété. Ni paysan de Pleyben appuyé aux mancherons de la charrue. Ni fossoyeur, ni veuve éplorée de La Roche-Maurice suivant un cortège funèbre. Pas, non plus, de voleurs audacieux, comme à Saint-Thomas de Landerneau... Modeste ouvrier, notre charpentier local se contente de ponctuer les longues lignes qui courent en haut des murs de la nef, de motifs isolés. Ainsi, une cinquantaine de reliefs s’égrènent au long des six travées avec des manques vers celle du choeur. Bien que sans lien évident entre elles, mais pour éviter une énumération fastidieuse, on regroupera leurs sujets sous quatre titres : le religieux, l’humain, l’animal et le fabuleux.

1. Le peu d’intérêt de notre charpentier vis-à-vis de la symbolique religieuse est évident. A peine cinq sujets sur cinquante. La grappe de vigne est un symbole encharistique en liaison avec la coupe de la Cène. Le pélican, évoqué par certains auteurs, bien qu’il soit sans ses petits, près de la troisième poutre du côté sud, rappellerait la légende du volatile qui se perce le flanc pour nourrir sa progéniture de sa substance, symbole du Christ qui nourrit les fidèles de sa substance. On remarque trois chérubins, visages d’enfants encadrés d’ailes. Dans le célèbre Traité des saintes images (“Historia sacrarum imaginum”), composé en 1570, à la suite du concile de Trente, Molanus, théologien de Louvain, appelle cette manière de représenter les anges “in imperfecta forma”, c’est-à-dire “de forme incomplète”. Plus près de nous, Louis Réau, éminent historien d’art contemporain, estimait que cette création, pourtant très répandue, n’était pas “très heureuse”. Mais il reconnaît que c’était là “le moyen le plus simple et probablement le seul qui permette d’évoquer les esprits ailés”... (“Iconographie de l’art chrétien”, Ancien Testament, p. 35).
2. L’espèce humaine inspire mieux la gouge de notre sculpteur. Dans ses masques, glabres, moustachus, barbus ou chevelus, on reconnaît l’étonné, le bourru, le suffisant, l’émerveillé, le béat aux oreilles décollées. Les bouches d’où sortent des feuilles passent pour symboliser la parole fleurie de l’éloquent. Les personnages en buste se succèdent. Un bonhomme, la main au chapeau, esquisse un salut. Un pêcheur empoigne un poisson vert à la nageoire caudale rouge. Les mains au menton indiquent le philosophe pensif . Les index qui écartent les commissures des lèvres, rappellent la mimique insolente de l’enfant qui se moque. Le registre de la moquerie s’augmente des jumeaux qui tirent la langue. L’inévitable acrobate est là, homme “renversé” où certains voient l’homme déchu que le Sauveur n’a pas encore remis dans sa posture normale... D’autres chroniqueurs plus prosaïques parlertont du pitre qui, narquois, exhibe sa “figure de campagne”. Mais qu’expriment donc les trois bougres qui lèvent les bras au ciel ? La stupeur, l’effroi, l’émerveillement ? ...
3. Les animaux, volatiles et quadrupèdes sont interprétés par l’animalier d’une manière qui amène un certain flottement dans les identifications. Le confirme Sophie Duhem qui subodore ici une “incompréhension des modèles originaux” de l’épopée animale (“Les sablières sculptées en Bretagne”, p. 215). La bête aux trois cornes du côté nord de la nef, est-ce une chèvre ? Le volatile qui joue d’une espèce de cornemuse à petite poche et bourdon unique est-ce une caille ? En revanche se reconnaît le loup, terreur de l’enfance, hantise campagnarde, à moins qu’il ne s’agisse de la docilité de la bête transformée en agneau par quelque saint breton, Hervé ou Thégonnec. Le coq et la poule de la basse-cour sont là. Le crapaud, animal crépusculaire, malgré laideur et maladresse, est mentionné, dans le “Dictionnaire des symboles” de Chevalier et Gheerbrant pour être en Occident un symbole royal et solaire, antérieur à la fleur de lis,
Certains motifs suscitent des interprétations divergentes. Le chien tient-il dans la gueule son os ou mord-il un pénis ? Sous le renard sont-ce serpents où anguilles échappées au “Roman de Renart” ? De toutes façons, les sources littéraires véhiculées et transformées par le folklore faisaient partie de l’inspiration de nos vieux “imagiers”. Ainsi, cocasse, Jeannot lapin se juche sur l’échine de l’épagneul,sonnant de la trompe, faisant un beau pied de nez au chasseur !
4. Le domaine fabuleux a ses monstres et ses hybrides parfois difficiles à définir. Disons d’abord qu’il n’y a guère ici de vrais dragons, honnêtement bâtis, dont la morphologie soit en rapport avec les quatre éléments feu, air, terre et eau. Leur gueule à ceux-là crache le feu, leurs ailes leur permettent de voler, leur queue de serpent les lie à la terre et leurs écailles à l’élément aquatique... En face de ces dragons traditionnels si communs ailleurs, les sept monstres de Trémalo se réduisent à des mâchoires hurlantes hérissées de crocs. Ils tirent la langue, ils esquissent un rictus. Le corps de ces monstres-là, quand il y en a, se réduisent à une queue enroulée, avec à l’occasion,une aile de pipistrelle.
Inspection faite, on en est assuré, les cinquante figures que nous venons d’évoquer n’ont guère de lien entre elles. Si certains y ont vu l’illustration des sept péchés capitaux, l’orgueil, l’avarice, la luxure, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse, c’est sans plus de précision. Accordons leur tout au plus que le chien dont nous avons noté l’ambiguïté, l’homme qui exhibe son fessier, les faces qui tirent la langue, un geste dont on connaît la connotation érotique, s’apparentent à la luxure. Mais, honnêtement, il ne semble pas qu’il faille aller plus loin. Où sont-ils l’orgueilleux, l’avare, le paresseux ? Accordons encore que tel visage rebondi désigne la gourmandise, mais nous n’avons pas ici les ivrognes hilares qui trinquent à Notre-Dame de Grouanec à Plouguerneau, et dont l’un agrippe la queue de la truie qui s’abreuve à la futaille.
Le sage Emile Mâle nous a naguère avertis : “Il ne faut pas chercher partout des symboles... Jamais nos vieux artistes ne furent aussi ingénieux que leurs exégètes modernes.” (Emile Mâle, “L’art Religieux du XIIIe siècle en France”, p. 64).
Ceci dit, si on ne connaît pas l’artisan des sablières de Trémalo, le commanditaire y a laissé sa marque. Mais, contrairement à la chapelle Saint-Maudez sur la même paroisse, où se signale Daniel Galliou, recteur de Nizon, à Trémalo, il ne s’agit pas d’un nom mais d’armoiries affichées près de la dernière poutre, à l’entrée du choeur. Celles des Du Plessis, déjà décrites au grand vitrail. Quant à l’écu voisin, mi-sculpté, mi peint, figure à quatre pattes or sur champ d’argent, il demeure énigmatique. Bertrand Quéinec l’ attribuant à Catherine de Botigneau, femme de Guillaume du Plessis, le décrit “d’azur à l’aigle éployé d’or”, ce qui ne correspond guère à ce que nous avons sous les yeux (“Nizon, histoire d’une paroisse rurale, au Pays de Pont-Aven” , tome I, des origines à 1789. 1992....” p. 139).

Trois autels appuyés au chevet

Le maître-autel
Derrière la table de communion, heureusement conservée, l’autel majeur, simple coffre de bois rectangulaire est rehaussé de volutes et de feuillages, peints au XIXe siècle. Si le motif central, un ovale sur fond bleu agrémenté d’une frise de fleurettes, a disparu, les étoiles qui demeurent semblent indiquer qu’elles encadraient quelque Vierge dérivée de la Médaille miraculeuse de la rue du Bac, à Paris.
Au centre de gradins lisses, le tabernacle aux chérubins a sa porte ornée d’un ostensoir en relief. Le dais d’exposition, quatre colonnettes torses à chapiteaux composites, a son fond agrémenté d’un second ostensoir, peint celui-ci, entre un beau vase de fleurs et un encensoir.
Les coffres blancs des autels latéraux, en forme de tombeaux, sont ornés, eux aussi, du grand ovale bleu aux étoiles dont le motif central a disparu.
Alors que l’autel du nord ne porte rien sinon deux gradins, celui du sud, dédié à sainte Anne, s’augmente d’une grande niche à colonnes lisses, au tiers inférieur orné de rameaux en bas-relief. Dans le cintre, deux chérubins soutiennent une couronne au-dessus du groupe sculpté de Sainte Anne éducatrice.

Huit statues partagées entre art savant et art rudimentaire

L’intérêt de la statuaire de Trémalo tient à ce que ses huit ”images”, selon le qualificatif des anciens, datant d’époques diverses, sortent de mains inégalement habiles. Certaines sont issues d’ateliers confirmés, d’autres portent la marque du naïf savoir-faire d’artisans locaux qui donnent dans le rustique.

1. Statue de Notre-Dame de Trémalo

Notre-Dame de Trémalo, “dame du ciel, régente terrienne”, a sa statue majestueuse dans le choeur, à gauche du vitrail, place d’honneur obligée du titulaire de céans. Sur la console à pans coupés teintée d’ocre rouge, qui la soutient se devine le monogramme M A (Marie). Modèle abouti, l’oeuvre est totalement étrangère au “masque d’hypnose de la Pietà de bois sculptée dans la solitude par le berger breton” ( André Malraux,“Le Musée imaginaire de la sculpture mondiale”, p. 43). Sculptée au XVe siècle, la sculpture, en pierre tendre polychrome, a traversé le temps avec à peine une ébréchure au pied de l’enfant Jésus. Vu le matériau, on déduit que ceux qui l’ont commandée, se sont adressés à un atelier des pays de Loire dont la réputation n’était plus à faire.
Parmi les innombrables Vierges à l’Enfant aux variations quasi infinies qui peuplent la chrétienté, la Madone de Trémalo a son originalité. Visage grave comme celui de l’enfant, couronne royale incrustée de grenats et d’émeraudes, fleurons épanouis, anneau de l’épouse au majeur et non à l’annulaire, la Vierge est richement vêtue. Tunique rose serrée haut à la taille, ample manteau bleu flottant, pan festonné retenu dans la main droite, geste charmant de la dame qui soulève le tissu pour faciliter sa marche. L’occupation gracieuse de cette main exclut la tenue du sceptre royal ou du lis virginal, chère à d’autres représentations. Un tel parti rend Notre-Dame de Trémalo proche du fidèle, tout comme, porté sur le bras gauche, le bambin joueur, qui tire à lui le voile de sa mère. Autre geste de tendre familiarité, la menotte posée sur le fruit que tient la nouvelle Eve, la pomme, fruit qui rappelle la chute originelle. Quant au coeur de métal accroché là, c’est un pieux ex-voto postérieur à la statue.
Majestueuse et familière, cette statue d’importation n’est pas passée inaperçue dans la région. S’en trouvent des répliques, dues à des ouvriers locaux, dans des chapelles proches, au Moustoir en Rosporden , à Trémorvézen en Névez. La parenté de ces oeuvres se décèle aux détails mentionnés plus haut, la couronne, le fruit tenu conjointement par la mère et l’enfant, le pan de manteau relevé, le bord du voile agrippé par le Jésus... La différence consiste en ce que les émules enfilent une tunique sur le petit qui reste nu dans le modèle original. Ajoutons, au sujet de ces pieuses répliques, la moindre vigueur dans le maniement de l‘outil, le traitement de l’ensemble. La rusticité des plis est notable à Trémorvézen.

2. Statue de saint Etienne

La place de saint Etienne, à droite dans le choeur, seconde place d’honneur après celle de la Vierge, atteste que le diacre “protomartyr” a joui autrefois d’un culte particulier à Trémalo. Sa statue est juchée sur une console moulurée ornée d’un écu muet destiné à être peint car on ne voit aucune trace d’arasement de blason supprimé. En bois polychrome, notre Etienne accuse une certaine facture rustique qui ne facilite pas la datation. Mettons-là du XVIIIe siècle...
Le saint est vêtu d’une dalmatique de coupe peu classique qui couvre une aube où le peintre a figuré les dentelles florales de l’ancienne paramentique. En main droite le martyr soutient, faite du repli de la dalmatique, la poche débordante des cailloux de sa lapidation. Son poing gauche est curieusement fermé.
Très honoré jadis dans l’Europe entière, Etienne est fêté au lendemain de Noël, le 26 décembre. Il est souvent associé à Laurent, car depuis fort longtemps tous deux sont entrés dans la seconde liste de saints de la prière eucharistique tridentine.

3. Statue de saint Laurent

Posée sur le gradin à droite de l’autel nord, saint Laurent, en bois polychrome, mais de meilleure facture que son homologue, fait partie des productions ordinaires du XVIe siècle. Ample chevelure bouclée, il est revêtu de la longue dalmatique rouge classique du diacre aux plis droits bien calculés, passée sur une tunique blanche dont on devine l’encolure et les poignets. Le manipule pend au bras gauche tandis que la droite brandit le gril, instrument du martyre de celui qui fut livré aux flammes à Rome en 258. Sa fête, le 10 août, coïncidant avec des pluies d’étoiles filantes a donné naissance dans certains cantons de Bretagne à l’expression “tourmand sant Laurant”, la tourmente de saint Laurent, pour désigner un phénomène atmosphérique qui n’a pas manqué de frapper nos anciens attentifs aux signes du ciel.

4. Statue de saint Corentin

Près du même autel à gauche, posé sur le gradin, saint Corentin, bois polychrome de bonne facture, peut remonter au XVIe siècle. L’absence du poisson de sa légende est un gage d’ancienneté.
Tunique blanche, chape bleue, mitre courte, le saint qui a perdu sa crosse bénit de la main droite. On ne reconnaît le patron du fondateur du diocèse de Quimper que par le titre peint ultérieurement sur le socle.

5. Statue de saint Léger

Saint Léger, est à gauche de l’autel sud sur une console sculptée d’un large masque. En bois polychrome, XVIIIe siècle (?), c’est, à Trémalo, le meilleur représentant du style rudimentaire. Le personnage, tonsure monacale, revêt la chasuble rouge. Le geste des mains qui s’écartent est celui du célébrant qui, à la messe invite les fidèles à la prière : “le Seigneur soit avec vous” attendant la réponse : “et avec votre esprit”.
Saint Léger avait été éduqué par son oncle, l’évêque de Poitiers. Il introduisit la règle bénédictine au monastère Saint-Maxence en 653, avant de devenir évêque d’Autun en 659.
Au sujet du culte dont il est l’objet ici, on peut supposer que les deux jambes de cire, des ex-votos signalés dans la réponse du recteur Kergoat à l’enquête épiscopale sur les chapelles consacrées à la Sainte Vierge vers les années 1830, étaient placées devant sa statue. L’hypothèse avancée se déduit de ce que l’on voit dans la chapelle Saint-Léger de Riec-sur-Belon, où bras, jambes et figurines humaines de cire accompagnent encore la statue de “Sant Leyer”, représenté en évêque, avec la chape, la mitre et la crosse.

6. Groupe de sainte Anne avec la Vierge.

Autel sud, niche centrale, bois polychrome, XVIIe siècle, sainte Anne est vêtue d’une tunique brochée d’or serrée à la taille. Un voile bleu semé de fleurs descend des épaules et couvre ses genou. Le fichu de tête et la guimpe sombre sont caractéristiques des représentations médiévales des aïeules. Assise, sans qu’on ne voie rien du siège qui la soutient, Anne entoure du bras la Vierge adolescente, debout en longue tunique blanche. Son index pointe une ligne dans la page du livre ouvert sur ses genoux. De son côté, Marie, tournée vers le fidèle, semble inattentive à cette invitation à la lecture. Sa main serre un paquet de feuilles, comme le fait l’enfant impatient qui veut passer à un autre chapitre ou à une autre image que celle proposée par le maître. On peut voir aussi dans le geste une invitation pressante faite par celle qui donnera naissance à Jésus : “ Ma mère, tournez donc la page de l’Ancien Testament, le Nouveau va bientôt s’ouvrir”.
A comparer la sainte Anne de Trémalo aux “Sainte Anne Educatrice”, si nombreuses en Bretagne, on reconnaîtra à la nôtre un caractère unique inattendu assez étonnant .

7. Statue de sainte femme, baptisée “sainte Madeleine”

A droite de la niche d’Anne et de la Vierge, sur une console à larges pans, la statue de sainte femme, bois, XVIe siècle, bonne facture, passe pour être sainte Madeleine. Vu l’absence du vase à parfum, inséparable de la fameuse pécheresse, l’attribution demeure aléatoire. Longs cheveux, certes, mais rien dans une main droite qui se tend, et livre grand ouvert dans l’autre... La confusion de Madeleine avec quelque autre sainte femme que nous ne saurions nommer, vient sans doute du fait que la chapelle abritait jadis, selon le “Bulletin Diocésain d’Histoire et d’Archéologie” (1938, p. 45), “un vieux tableau présentant le Christ et deux saintes femmes dont l’une est la Madeleine”.
La polychromie de la sculpture a été réalisée de façon fantaisiste. Le léger manteau bleu agrafé au col a son revers blanc semé de mouchetures qui se veulent être des hermines. Quant au rouge du voile qui tombe en tablier agrémenté de plis savants, il s’étale de façon inadéquate sur la tunique serrée à la ceinture.

8. Le grand crucifix qui inspira le “Christ jaune” de Gauguin

Voici, enfin, le grand crucifix de bois de la fin du XVe siècle, pendu dans l’ écoinçon qui s’évase au-dessus du quatrième pilier nord, reposant sur un blochet où se devinent les reliefs d’un motif mutilé. “Le Christ de Gauguin”. Il se détachait naguère sur la blancheur du mur chaulé et rechaulé au long des saisons, irradiant la pénombre de la chapelle. C’est dans une telle atmosphère, luminescence fascinante dans l’irradiation irréelle d’un sanctuaire quasiment inviolé, que le supplicié sublime attira l’attention de Paul Gauguin, en 1889. “Christ jaune” dont le célèbre peintre a transcrit les yeux, sinon fermés, du moins baissés. Que ce soit sur la toile de 1889, conservée à l’Art Gallery de Buffalo, aux Etats-Unis, avec pour horizon la colline Sainte-Marguerite, que ce soit dans l’ “Auto portrait” de 1890, acquis par le musée d’Orsay, où le crucifié se reflète dans le miroir.
Mais quel est donc le pieux rapin qui a, et quand ? repeint le visage, changeant l’allure de ce qui fut naguère, avec des yeux grands ouverts et plus malades que souffrants :
“Cernes rougis, repeints sur les paupières closes”.
Le bois gravé par Claude Huart, inséré dans “ Rires et pleurs de l’Aven” de Xavier Grall (1975), ainsi que les photos numériques de notre ami Joël Lubin témoignent de l’état actuel. C’est à cette polychromie “post-gauguin” que la récente restauration, qui a supprimé le large titulus aux initiales I N R I, s’est reférée.
A la fois hiératique et paisible, membres décharnés et raidis, bras levés tirant sur les clous, pied droit posé sur l’autre selon une tradition constante, visage calme incliné, tête coiffée de la couronne d’épines que n’a pas gardé Gauguin, pagne court et serré... rien que de commun entre le Christ de Trémalo et d’innombrables autres grands crucifix d’église.
De cette sculpture anonyme, on rapprochera des oeuvres choisies dans la région : Loctudy, Ploéven, Plozévet (chapelle de la Trinité), Plusquellec, Quéménéven, Trégunc. Le Christ qui se rapproche le plus de celui deTrémalo est à Notre-Dame de la Joie, à Penmarc’h.

Bibliographie et remerciements

Textes du livre “Trémalo, la chapelle du Christ jaune” de Yves-Pascal Castel et Catherine Puget, éditions Les Amis du Musée de Pont-Aven, 2007

Ouvrages généraux :
Emile Mâle, L’art religieux du XIIIe siècle en France, Armand Colin, 1919.
Emile Mâle, L’art religieux en France à la fin du Moyen Age en France, Armand Colin, 1931.
Ouvrages particuliers :
Anonyme, ”La chapelle de Trémalo en Nizon”, Le Plessis-Nizon, 25 août 1957.
“Bulletin Diocésain d’Histoire et d’Archéologie”, 1938 et 1939.
Castel Y.-P., “Pont-Aven, Pays d’amour”, Reflets de Bretagne, photos Jos Le Doaré, 1954.
Couffon René, Le Bars Alfred, “Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et de Léon”, 1959.
Couffon René, Le Bars Alfred, “Nouveau Répertoire des Eglises et chapelles, diocèse de Quimper et de Léon”, 1988, réédition.
Grall Xavier, “Rires et pleurs de l’Aven”, illustré et imprimé par Claude Huart, à Lorient, 1975.
Guéguen Michel , “Bulletin de la Société archélogique du Finistère”, 1997, Monuments et objets d’art du Finistère, Pont-Aven, Nizon, Chapelle de Trémalo.
Musée d’Orsay, “La chapelle de Trémalo en Nizon”, conception et réalisation Musée d’Orsay, 1996, photographies Thersiquel. Notice anonyme non paginée.
Quéinec Bertrand, “Nizon, histoire d’une paroisse rurale, au Pays de Pont-Aven ”, tome I, 1992.

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