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Les peintres de l’Ecole de Pont-Aven

Paul Gauguin est la figure emblématique de Pont-Aven. Mais il est loin d’être le seul artiste à avoir séjourné et travaillé sur place. Dès 1865 et jusque l’entre-deux-guerres, nombreux et de différentes nationalités furent-ils à exporter l’image de notre cité.

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Les peintres de l’Ecole de Pont-Aven

Cuno AMIET (1868 – 1961)

Fils de l’historien Josef Ignaz Amiet, Cuno Amiet naît en 1868 à Solothurn en Suisse.

Encouragé par Frank Busher, maître Suisse du plein air, Amiet commence à peindre en 1883.
De 1886 à 1888, il suit les cours de l’académie de Münich où il se lie une amitié avec Giovanni Giacometti, père du sculpteur Alberto. En octobre 1888, les deux artistes s’établissent à Paris et s’inscrivent à l ‘Académie Julian ; ils ne côtoient apparemment pas Sérusier ni Denis. Son portrait de Giacometti est accepté au Salon, mais c’est le peintre Hongrois Hugo Poll, condisciple de l’Académie Julian, qui conseille à Amiet de se rendre à Pont-Aven en 1892. Ce dernier alors âgé de 24 ans est toujours étudiant et dépend encore beaucoup de son père du point de vue financier.

Amiet passe 13 mois à Pont-Aven et voit pour la première fois des œuvres de Gauguin chez Chamaillard et à l’auberge Gloanec. Il rencontre Bernard qui lui montre des toiles de Van Gogh et lui parle de Cézanne. Il devient l’ami proche et l’admirateur de O’Conor, et c’est sur le conseil du peintre irlandais qu’il expose au Salon des Indépendants en 1893. Puis, il rencontre Seguin qui l’initie à la gravure. Une vingtaine de paysages, d’études de bretonnes et de natures mortes sont nées de ce séjour breton. Malheureusement, une grande partie de ces œuvres disparaissent dans le terrible incendie du Glaspalast de Munich en 1931 : une douzaine de peintures seulement ont survécu.

Peintre académique à son arrivée à Pont-Aven, Amiet a été propulsé à l’avant-garde synthétiste, ce qui a déterminé sa participation au groupe Die Brücke à partir de 1907, et l’a préparé pour une longue carrière picturale.

Il meurt en 1961 dans sa 93è année.

Mogens BALLIN (1871-1914)

Né à Copenhague en 1871, fils d’une riche famille israélite, Mogens Ballin débarque à Paris en 1891 muni par Mette Gauguin, son professeur de Français, d’une lettre de recommandation pour le « maître ».

Il assiste au banquet donné en l’honneur de Gauguin et fait la connaissance de Verkade avec lequel il noue une amitié qui durera jusqu’à sa mort. Verkade introduit le jeune peintre dans le cercle des Nabis dont, par la suite, il fréquentera régulièrement les réunions.

Au printemps 1891, il séjourne à Pont-Aven avec Verkade et travaille sous la direction de Sérusier qui contribue à développer son mysticisme inné.

En 1892, Ballin accompagne Verkade à Saint Nolff (Morbihan). Il assiste à sa conversion au catholicisme et reçoit lui-même le baptême en 1893 au couvent des Franciscains de Fiesole, au cours d’un voyage en Italie.

De retour à Copenhague en 1894, il fait une exposition de ses œuvres et de celles de Verkade ; Joergensen lui commande des illustrations pour la revue Taarnet.

Robert BEVAN (1865 – 1925)

Né à Hove dans le Sussex, Robert Bevan fait ses études à « Westminster School of Art ».

En 1890, il est élève à l’Académie Julian dans l’atelier Bouguereau. Il y fait la connaissance de Sérusier qui rapporte de Pont-Aven le talisman, fruit des leçons de Gauguin au Bois d’Amour.

Son premier séjour en Bretagne date de 1890, il est pensionnaire avec Forbes Robertson à l’hôtel Julia à Pont-Aven jusqu’en 1891 d’où il part pour Madrid étudier les peintres espagnols. En 1893, il rencontre Renoir qui l’encourage dans ses études de chevaux et passe l’été à Pont-Aven à l’hôtel Julia. Il y séjourne encore en 1894 où il fait la connaissance de Gauguin ; cette rencontre aura une influence profonde sur son style. Gauguin lui offre la gravure Oviri et lui dédicace un monotype Deux Tahitiennes. Il réalise ses premières lithographies avant de retourner en Angleterre où il se retire à la campagne près de Dulverton. En 1897, il assiste à Jersey au mariage de Forbes Robertson ; il y fait la connaissance de Stanislawa de Karlowska qu’il épouse la même année à Varsovie. De 1898 à 1904, il peint en Pologne l’été et vit à Curkfield où il travaille, isolé des autres artistes, avant de s’installer à Londres.

Sa première exposition particulière a lieu en 1905 chez Baillie Gallery à Bayswater. En 1908, il participe à la première exposition de l’Association des Artistes Alliés où il est découvert par le « Fitzroy Street Group » et devient l’ami de Spencer Gore et Harold Gilman. Membre du « Camden Town Group », il continue à pratiquer la lithographie dans son atelier de Londres. En 1920, il quitte la ville pour vivre dans une ferme du devon et organise l’exposition « Peintres modernes anglais » avec Ginner à la galerie Druet à paris en 1921.

Il meurt à Londres en 1925.

Ernest de CHAMAILLARD (1862-1931)

Ernest Ponthier de Chamaillard, né à Quimper en 1862, est pensionnaire à Vannes chez les Jésuites, d’où il se fait exclure en philosophie, à cause d’un caractère joyeusement insouciant et anticonformiste qu’il gardera toute sa vie. Il suit des études de droit puis devient avocat stagiaire ; poursuivi par les créanciers, il est soumis par sa famille à un conseil judiciaire.

En 1988, il est à Pont-Aven où il rencontre Gauguin, à une vente aux enchères, au château du Hénan. Il fait aussi la connaissance de Louise Lamour, nièce de la receveuse des postes, qu’il épousera la même année à Gersey. Avec Emile Bernard, il s’abandonne à la peinture, couvrant de fresques l’appartement de sa fiancée. Il reste plusieurs années dans la région de Pont-Aven où il brosse de nombreux paysages. Gauguin le considère comme son élève et apprécie la gaucherie naïve de son expression.

A partir de 1893, il s’installe dans la propriété familiale de Mesquéon à Gourlizon près de Quimper, où il recevra Gauguin en 1894. Il exerce comme avocat à Châteaulin où il accueille Seguin en 1901. Il assiste, au printemps 1894, au banquet donné en l’honneur de Gauguin chez Slewinski et en novembre il sera l’avocat de Gauguin lors de son procès contre Marie Henri. En 1905, il doit quitter Châteaulin pour un modeste emploi de bureau à Paris.

En 1906 et 1910, il expose chez Bernheim Jeune avec un catalogue préfacé par Arsène Alexandre. Il expose au salon d’automne en 1907 et présente chez Vollard, en 1910, de beaux meubles sculptés polychromes, à l’instar de Gauguin et Bernard. En 1914, Guillaume Apollinaire rédige une préface pour une exposition de ses œuvres, qui n’aura pas lieu à cause de la guerre. Après la mort de son fils cadet au front, Chamaillard vit replié sur lui-même. Il exposera encore en 1925 et 1930, à la galerie Georges Petit, à Paris, et au salon d’Automne.

Il meurt à Eaubonne (Val-d’Oise) en 1931.

Henri DELAVALLEE (1862-1943)

Né à Reims en 1862, Henri Delavallée est un élève brillant qui obtient le premier prix au concours général de philosophie. A 17 ans, il s’inscrit simultanément à la Sorbonne et à l’Ecole Nationale des Beaux Arts où il devient l’élève de Carolus Duran et de Luc-Olivier Merson. Il y affirme son sens rigoureux du dessin et rencontre ici sa future femme, Gabrielle Moreau, elle-même artiste peintre.

En 1881, son ami le peintre Hersart du Buron lui fait découvrir Pont-Aven ; ils logent chez les cousins de ce dernier, au manoir du Plessis, au dessus du bois d’Amour. Séduit par Pont-Aven, Delavallée y séjourne régulièrement, seul d’abord puis avec son épouse. En 1886, il y fait connaissance de Paul Gauguin et de Emile Bernard.

Bracquemond lui fait connaître Pissarro et Seurat près de qui il travaille à Marlotte en 1887. De cette époque (1886-1890), datent ses toiles divisionnistes et ses pastels pointillistes. En 1889, il se rend à Landemer, lieu de naissance de Millet, pour qui il a la plus grande admiration. Il y retrouve les graveurs Vidal et Monzies et exécute des eaux fortes dans leur atelier. En 1891 à 1893, Delavallée expose avec les peintres-graveurs français chez Durant-Ruel ainsi qu’à la société des Amis des Arts de Nantes et, de 1892 à 1896, au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. En 1894, il est à Pont-Aven où il retrouve Gauguin et occupe des ateliers de l’hôtel Julia. Il participe à l’exposition d’art appliqué de Liège, en mai 1895, avec trois gravures.

En 1896, attiré par l’exotisme, les Delavallée quittent Paris pour Constantinople où ils vont s’installer plusieurs années et connaître le succès auprès de la haute société -Turque. De retour à Paris en 1901, ils partagent leur temps entre l’atelier de la rue d’Alésia (où naît leur fille Yvonne), la propriété familiale d’Apremont et Pont-Aven où ils se lient d’amitié avec Théodore Botrel. Vers 1910, ils s’installent définitivement à Pont-Aven où Delavallée continue de peindre et de graver avec assiduité des estampes de grande qualité.

En 1841, la galerie Saluden à Quimper organise une rétrospective de son œuvre. Il meurt en 1943 à Pont-Aven où il est enterré.

Maurice DENIS (1870-1943)

Né en 1870 à Granville, Maurice Denis passe son enfance à Saint Germain en Laye où il vit jusqu’à la fin de ses jours.

Il fait de brillantes études au lycée Condorcet de 1882 à 1887 où ses camarades de classe ont pour nom Vuillard, Roussel et Lugné-Poë. Il s’y distingue en remportant le 2nd prix de grec au Concours Général. Alors qu’il pratique déjà le dessin et la peinture, il s’inscrit en 1988 à l’Académie Julian où il rencontre Sérusier, Ibels, Bonnard, Roussel, Ranson, Vuillard, Seguin, Verkade, tous les futurs nabis. En même temps il est admis à l’école des beaux arts dans l’atelier de Gustave Moreau et participe avec enthousiasme à l’activité littéraire et artistique de l’avant-garde. Il fréquente Lugné-Poe, Mallarmé, Rémy de Gourmont, Moréas, Debussy. En 1890, Denis formule dans la revue Art et Critique les principes fondamentaux dérivés de l’enseignement de Gauguin. Dès cette époque, il s’impose comme le théoricien du Symbolisme. A vingt ans, Denis écrit son célèbre article « Définition du Néo-Traditionnisme » (Art et Critique, août 1890) qui commence ainsi « se rappeler qu’un tableau - avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». Au cours des 20 années qui suivent, la critique interprétative de Denis joue un très grand drôle dans la définition du nouvel art. Ses réflexions seront rassemblées dans Théories, en 1912

Il expose avec ses amis chez le Barc de Boutteville en 1891 et séjourne à Perros-Guirec l’été 1892, ainsi qu’en 1893 après son mariage avec Marthe Meurier. Il réalise des décors de théâtre, des grandes décorations murales, des illustrations de livres et écrit des articles dans diverses revues. En 1894, il passe l’été à Loctudy, son premier fils Jean-Paul naît en octobre. En 1895, il écrit un article dans la plume à propos de l’exposition Seguin et séjourne à nouveau à Loctudy puis à Binic. En 1897-1898, il est à Perros-Guirec et en 1899, il passe l’été au Pouldu et visite Pont-Aven. Il voyage en Italie, fait plusieurs séjours en Bretagne de 1900 à 1903 et va avec Sérusier rendre visite à leur ami commun Verkade, devenu moine peintre au ministère de Beuron.
En 1904 voit sa première exposition particulière à la galerie Druet à Paris. En 1905, il est au Pouldu où vient le rejoindre Sérusier. Il passe à Pont-Aven où il rachète quatre toiles laissées à l’auberge Gloanec par Gauguin et Bernard.

Avec Roussel, en Provence, il fait la connaissance de Cézanne et Renoir en 1906.

A Perros-Guirec, en 1908, il achète la villa « Silencio » qui deviendra le sujet de bien des tableaux. Il entre comme professeur à l’académie Ranson où il enseignera jusqu’en 1919, année de la fondation des ateliers d’Art Sacré.

Il est à Moscou en 1909, pour la livraison de ses œuvres au mécène russe Morosoff ; à Bruxelles en 1913, pour le salon « libre esthétique » ; en 1914, il acquiert « Le prieuré » à Saint-Germain en Laye qui deviendra sa résidence. Sa femme, qui lui a donné sept enfants, meut en 1919.

Gauguin et Denis ne se sont jamais rencontrés (ils ont échangés des lettres tout au plus) mais l’admiration du jeune artiste pour Gauguin était réelle et profonde. Il acquit 3 œuvres de Gauguin, 2 natures mortes de 1886 et 1888 et l’Autoportrait au Christ Jaune, ainsi que Bretonnes dans la prairie verte de Bernard et d’autres peintures de Laval, Sérusier et Verkade. Il est présent Pont-Aven en 1939 avec Bernard pour assister à la pose de la plaque commémorative sur la vieille auberge Gloanec.

Il meurt à Paris en 1943.

Emile DEZAUNAY (1854-1938)

Né à Nantes en 1854, Dezaunay est mentionné dans les catalogues comme élève de Puvis de Chavannes et d’Elie Delaunay.

En 1890, il est à Pont-Aven, chez Marie-Jeanne Gloanec, avec son ami Maufra et fait la connaissance de Gauguin, Chamaillard et Jourdan.

Il expose à la société des Amis des Arts de Nantes, de 1890 à 1907. Lorsque Maufra s’installe en 1892, dans son atelier du bateau-lavoir à Montmartre, Dezaunay fait partie du groupe de Nantais qui s’y retrouvent régulièrement en compagnie d’Aristide Briand et de Victor Micheler. Cette même année, il participe à la 2e exposition des peintres impressionnistes et symbolistes chez le Barc de Boutteville. Il participe, en 1894, au salon de la société nationale des beaux arts avec une peinture « avant la messe, femme du bourg de Batz » et à l’exposition des « Bretons de Paris » en 1895, aux côtes de Maufra. En 1897, il s’installe à Neuilly et expose à Paris, chez Moline, rue Laffite ; Maufra réalise l’affiche de son exposition particulière qui à lieu du 15 février au 14 mars. Le 25 mars 1898, à l’exemple de Gauguin, il met aux ventes aux enchères, à l’hôtel Drouot, un ensemble de ses œuvres dont le catalogue est préfacé par Arsène Alexandre. Il expose, en 1900, à l’exposition universelle puis, en 1902, à la galerie Bernheim ; membre fondateur du salon d’automne. Il participe aussi à celui des Tuileries comme à celui des Artistes Français.

Dezaunay est un graveur de talent qui a pratiqué l’eau-forte et l’aquatinte mais ses gravures sont méconnues.

Fixé à Nantes en 1913, il mène une vie effacée dernière une façade bourgeoise et ne quittera plus sa ville natale que pour des séjours en Bretagne et en Vendée.

Il meurt à Nantes en 1938.

Charles FILIGER (1863-1928)

Né en 1863 à Thann en Alsace où son père est dessinateur dans une manufacture de tissus, Filiger joue du violon et étudie le dessin pendant son enfance. Après des études chez les Jésuites, il refuse d’entrer à la manufacture et s’inscrit en 1886 à l’école des arts décoratifs à Paris. En 1887, il étudie à l’atelier Colarossi.

En juillet 1888, il séjourne à Pont-Aven à la pension Gloanec, avec Gauguin, Meyer de Haan, Laval, Moret, Seguin et Jourdan. En 1889, il s’installe au Pouldu chez « Marie Poupée » avec Gauguin et Sérusier.

En 1889, il expose deux études au salon des Indépendants. En 1890, il expose chez le Barc de Boutteville et au salon de la Rose + Croix. Il rencontre 0’Conor avec qui il échangera une correspondance suivie. O’Conor l’aidera souvent en lui achetant ses œuvres, comme Slewinski.

En novembre 1893, il trouve refuge à Kersulé près du Pouldu et reçoit une pension du comte A. de la Rochefoucauld. En 1894, il rend visite à Gauguin alité après son accident et fait la connaissance d’Alfred Jarry à Pont-Aven. Il illustre le livre prière de Jules Bois. De 1895 à 1900, il vit misérablement au Pouldu, malade, s’adonnant à l’alcool et traversant des crises mystiques qui l’épuisent. Il séjourne à Rochefort en Terre de 1901 à 1902. En 1903, il va en Suisse voir sa famille et réside chez son frère Paul. Revenu au Pouldu, il s’installe bientôt au hameau de Kersellec. Toujours en butte au manque d’argent, il est hospitalisé à Malestroit en 1905 puis il passe près de quatre ans dans une modeste auberge à Gouarec. Installé à Arzano en 1911, il rompt définitivement avec ses amis et sa famille. A partir de 1914, il réside à Trégunc à l’hôtel du Menhir tenu par la famille Le Guellec. En 1915, les Le Guellec s’installent à Plougastel-Daoulas, Filiger les suit et ne les quittera plus jusqu’à sa mort en 1928 à l’hôpital de Brest.

Filiger est le peintre le plus étrange du groupe. Son art tout imprégné de mysticisme évoque à la fois l’icône, le vitrail et les fixés sur verre.

Eric FORBES ROBERTSON (1865 – 1935)

Arrivé à Paris en 1885, ce jeune anglais, fils de l’écrivain d’art John Forbes Robertson, suit les cours de l’Académie Julian pendant 2 ans avant de retourner dans son pays en 1887.

Il est à Pont-Aven l’été 1890 et séjourne à l’hôtel Julia en compagnie de ses compatriotes Bevan et Donaldson. En avril 1891, il est à Pont-Aven où il se lie d’amitié avec Seguin et Maufra. Il participe à l’exposition de groupe à Pont-Aven en août-septembre avec Loiseau, Chaudet et Seguin ; ce dernier fait son portrait à l’eau forte. Au printemps 1892, il est de retour à Pont-Aven où il retrouve Seguin et Bernard qui fait son portrait. En juin1894, il séjourne encore à Pont-Aven et fait la connaissance de Gauguin, O’Conor, Sérusier et Jarry dont il dessine le portrait. Il participe, en décembre de la même année, à la 8è exposition des peintres Impressionnistes et Symbolistes chez Le Barc de Boutteville avec 2 toiles puis à la 10è exposition en septembre 1895.

C’est le seul artiste anglais à avoir réalisé un dessin pour l’Ymagier en 1895 et un dessin pour le Mercure de France en 1899.

En 1900, il rentre en Angleterre où il a une exposition particulière à la galerie Sphnix à Londres en 1911 et expose dans le cadre de l’ « Association des Artistes Alliés » de 1911 à 1914. Il est mobilisé pour la première guerre mondiale puis de retour en Angleterre, il continue à peindre jusqu’à sa mort en 1935.

Emile JOURDAN (1860-1931)

Né à Vannes le 30 juillet 1860 dans une famille de magistrats, Emile Jourdan connaît une enfance aisée. Fils d’un officier des douanes et petit-fils d’un juge qu’il est censé suivre dans la carrière juridique. Dès l’âge de 16 ans, il peint des marines. De 1880 à 1886, avec l’accord de ses parents, il vient à Paris où il reçoit une formation académique à l’Ecole des Beaux-Arts puis les cours de l’Académie Julian. Elu massier des ateliers, il arbore fréquemment le chapeau à guides et le « chupen » bariolé aux couleurs vives (Gauguin l’imitera en portant à son tour le gilet breton).

Après un voyage en Algérie en 1883, il débarque à Pont-Aven en 1888 et s’installe à la pension Gloanec où il se lie d’amitié avec Chamaillard, Bernard, Laval et Gauguin. En octobre 1889, Gauguin décrit la peinture de Jourdan comme absolument semblable à celle de Moret. A partir de cette date, Jourdan se fixe à Pont-Aven. En 1891, il loge avec Maufra à l’hôtel de Bretagne où il rencontre Catherine Guyader qui devient sa compagne. Il est présent en 1894 à la rixe de Concarneau au cours de laquelle Gauguin est blessé.

Sa rencontre avec le groupe fait évoluer son style impressionniste, proche de Moret. Jourdan ne deviendra synthétiste qu’après le départ de Gauguin pour l’Océanie.

En 1895, le goût de l’évasion le pousse à s’embarquer avec le capitaine Cannevet pour la Finlande mais, après cette expérience, il s’ancre plus solidement sur les rives de l’Aven. Bohème de nature, très cultivé, Jourdan erre sur les chemins de Névez, Riec-sur-Bélon, Moëlan-sur-Mer, à la poursuite du motif. Mais bientôt c’est la misère, il est expulsé de son logement pour dette en 1907, avec sa femme et ses quatre enfants, et une vente judiciaire le laisse totalement démuni. De 1910 à 1914, il séjourne à Brigneau en compagnie d’Asselin et Mac Orlan qui en fait un personnage de son roman « le chant de l’équipage ». Sa situation se dégrade avec les années. Accablé par la pauvreté et l’alcoolisme, il vit dans la solitude à Pont-Aven. Il meurt à l’hospice de Quimperlé en 1931.

Jourdan a un sens inné de la structure interne, de l’élimination du détail et il parvient à incorporer, dans des compositions décoratives insolites, le style japonisant au paysage breton.

Charles LAVAL (1861 – 1894)

Né à Paris le 17 mars 1861, Charles Laval est le fils de l’architecte Eugène Laval (1818-1869). On a peu de témoignages sur sa jeunesse ou sa scolarité.

Il expose pour la première fois à l’âge de 19 ans, une scène de ferme au Salon de 1880. Laval est l’élève de l’atelier Bonnat (1833-1922) peu de temps avant Toulouse-Lautrec (de 2 ans son cadet) et il avouera lui aussi avoir mené une vie dissolue pendant sa jeunesse. Lorsqu’en 1883, il expose pour la première fois au Salon, il se déclare élève de Bonnat et de Cormon (1854-1930).

Quoiqu’il en soit, la lettre que Bernard écrit à ses parents le 19 août 1886, 3 jours après son arrivée à Pont-Aven, montre qu’il a déjà rencontré Laval et du Puigaudeau à Paris puisqu’il mentionne « Le grand Laval et Piccolo » (surnom de Du Puigaudeau). En outre, il est probable que Laval se soit rendu pour la première fois à Pont-Aven lors de l’été 1886 en compagnie de Ferdinand du Puigaudeau. C’est au cours de cet été que Laval rencontre Gauguin pour la première fois et parle avec A.S Hartrick. Il semble également que Gauguin, Laval et Du Puigaudeau forment alors un trio très proche qui se tient à l’écart des autres artistes. Mais il ne subsiste apparemment rien du travail de Laval en 1886. L’hiver venu, celui-ci revient à Paris avec Gauguin, et en avril 1887, les deux artistes partent pour Panama et la Martinique. Ils y travaillent ensemble et Laval y reste après le départ de Gauguin en octobre, regagnant finalement Pont-Aven à la fin juillet 1888. Au cours des trois mois qui suivirent, Laval, Bernard, Chamaillard et Moret travaillent et prennent leurs repas ensemble à l’écart des autres artistes de l’auberge Gloanec. Ils sont aussi en contact avec Van Gogh, se promettant des échanges de peintures. Finalement, Laval lui envoie son autoportrait dédicacé « à l’ami Vincent » (bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés), tableau que Van Gogh trouve « très crâne très distingué ». Un an après, Van Gogh écrit encore à son frère « je trouvais cela épatant, le regard à travers le lorgnon, regard si franc ». Laval a sa personnalité propre : Van Gogh le reconnaît.

Par la suite, peu de faits précis nous sont connus. Un autoportrait est daté de 1889 (Musée d’Orsay). Laval expose 10 œuvres au café Volpini en 1889 (6 de la Martinique, 4 de Pont-Aven). Il assiste avec Emile Bernard à l’enterrement de Van-Gogh à Auvers-sur-oise le 30 juillet 1890 et plus tard, la même année, il se fiance à Madeleine Bernard, sœur d’Emile. Cette relation est rompue en 1891. De santé de plus en plus fragile, Laval meurt de la tuberculose à Paris le 27 avril 1894.

On dit que Nino, écrivain et frère de Laval, organisa une vente de son atelier en 1894 mais à ce jour, on n’a retrouvé aucune trace de cette opération. L’œuvre de Laval n’est pas très importante. Gauguin s’était plaint qu’il n’avait presque rien produit en 1889 ; mais on ne lui connaît pas non plus de production avant 1887, ni après 1889. Il reste pour déterminer la personnalité artistique de Laval, cette courte période de deux ans pour laquelle il subsiste à peine 10 tableaux.

Gustave LOISEAU (1865-1935)

Gustave Loiseau est né à Paris en 1865. Son père le destine au commerce mais, dès l’adolescence, il est attiré par le dessin et l’aquarelle. Placé chez un décorateur, il abandonne tout pour se consacrer à la peinture, après avoir reçu un héritage de sa grand-mère. Il fréquente, en 1888, l’Ecole des Arts Décoratifs puis l’atelier du peintre Fernand Quignon en 1889, qui lui conseille d’aller à Pont-Aven.

Arrivé en mai 1890 à Pont-aven, il loge à la Pension Gloanec où il rencontre Maufra et Moret. Il y reviendra chaque été.

Encouragé par Maufra, il expose à la galerie Le Barc à Boutteville en 1891 et au Salon des Indépendants en 1893. En 1894, il fait partie du groupe qui entoure Guguin. Ce dernier l’apprécie et lui offre une nature morte « Fleurs, iris bleu, oranges et citron ». Loiseau participe cette année aux 6è, 7è et 8è expositions es peintres Impressionnistes et Symbolistes chez Le Barc avec des paysages dont « matinée de septembre à Pont-Aven » et « crue de l’Aven ».

A partir de 1895, il sillonne la Bretagne et la Normandie l’été ; l’Ile-de-France le reste de l’année.

A partir de 1897, il est pris sous contrat par Durand-Ruel qui l’expose dans sa galerie de New York, en compagnie de Moret et de Maufra en 1900, puis à Paris pour une exposition particulière en 1901. De 1922 à 1928, il peint de nombreuses natures mortes, des vues de Paris, puis des paysages de Moret-sur-loing.

Il meurt à Paris en 1935.

Purement impressionniste, Loiseau a cependant gravité dans l’orbite de Gauguin et reste lié, sentimentalement et topographiquement, au milieu breton, même s’il n’en a tiré qu’un enseignement limité de la leçon synthétique.

Maxime MAUFRA (1861 – 1918)

Né à Nantes en 1861, Maxime Maufra s’initie à la peinture à l’huile en plein air avec les frères Leduc. En 1881, son père, qui le destine aux affaires, l’envoie à Liverpool apprendre l’anglais. Un court séjour à Paris lui fait découvrir la peinture d’alors et c’est une révélation. Il rentre en France en 1884, après avoir visité le Pays de Galles et l’Ecosse. A Londres, il a aussi découvert Tournet qui l’a fortement marqué.

Puis il réside à Nantes pendant 6 années continuant à peindre tout en ses consacrant aux affaires. En 1886, il expose pour la première fois 2 tableaux au Salon des Artistes Français. A cette époque, la peinture de Maufra est encore proche de celle de Jongkind et de Corot. Sa palette est celle du XIXè siècle et n’a pas encore découvert la couleur. En 1890, il abandonne son métier et se consacre exclusivement à la peinture.

Il voyage en Bretagne avec son ami Dezaunay et rencontre Gauguin, Sérusier et Meyer de Haan à l’auberge Gloanec à Pont-Aven. Il se fixe au Pouldu, parcourant et peignant la côte de Doëlan à Gâvres. Durant l’été 1892, il séjourne à Paimpol, Bréhat et Loguivy où il rencontre le peintre-graveur Henri Rivière. Il s’installe à Montmartre, dans la maison qui deviendra célèbre sous le nom de « bateau-lavoir ». Dans son atelier se réunissent ses amis de jeunesse : Aristide Briand, le collectionneur Maurice Mary, le critique Gustave Babin … L’été 1893, il parcourt la Bretagne Nord, exécutant toute une série de toiles qui figureront en 1894 à sa première exposition particulière chez Le Barc de Boutteville. Ses liens avec Gauguin ne se relâchent pas. Celui-ci vient le voir et l’encourager dans son atelier de Montmartre en novembre 1893. A partir e 1894, il travaille sous contrat avec Durand-Ruel. Il passe le printemps au Pouldu puis dans les environs de St-Jean-du-Doigt, St-Michel-en-Grève, Plougasnou. En juillet, il revient à Pont-Aven et Gauguin lui dédicace un pastel « A l’ami Maufra, à l’artiste d’avant-garde, aïta aramoe ». En 1895, il épouse Céline Le Floch qu’il a rencontré à Pont-Aven lors de son premier séjour. Maufra ne cesse de découvrir la Bretagne, s’installant en 1903 dans une chaumière à Kerhostin, près de Quiberon.

Il meurt en 1918 à Poncé dans la Sarthe, face aux eaux du Loir qu’il venait de peindre un dernière fois.

L’art de Maufra exprime des grandes sensations dans un esprit synthétiste qui condense les effets et élimine le détail avec beaucoup de force, particulièrement dans ses œuvres graphiques.

Jacob MEYER de HAAN (1852-1895)

Jacob Meyer de Haan naît à Amsterdam le 14 avril 1852, au sein d’une famille juive aisée de fabricants de biscuits. Sensible à la musique et à l’art, il étudie la peinture avec P.F .Grieve (1811-1872). Jusqu’en 1888, Meyer de Haan continue à travailler à Amsterdam, influencé surtout par l’art hollandais du 17ème siècle et par Rembrandt en particulier. Ses sujets sont alors souvent tirés de l’histoire rabbinique, mais il peint aussi des portraits.

En 1880, une de ses œuvres a été acceptée par le Salon de Paris.

A l’automne 1888, de Haan décide d’émigrer à Paris où il arrive en compagnie de son ami artiste J.J Isaacson (1868-1941) qui est aussi critique d’art. A Paris il fait la connaissance du marchand d’art Théo Van Gogh (1857-1891), frère de Vincent, et partage son appartement d’octobre 1888 à avril 1889, au moment où celui-ci se marie. Meyer de Haan est souvent cité dans la correspondance des Van Gogh ces mois-là, et Théo envoie à son frère des clichés des dessins de l’artiste.

Bien qu’il n’existe aucune preuve formelle de leur rencontre à Paris, Meyer de Haan fait peut-être la connaissance de Gauguin au début 1889. Quoi qu’il en soit, l’artiste hollandais part pour Pont-Aven à la fin avril 1889 et Gauguin y arrive au début juin. C’est le commencement d’une grande amitié au sein de laquelle Gauguin prend volontiers le rôle de guide. Ils travaillent alors tous le mois d’août au Pouldu. Mais leur séjour le plus marquant dans ce village est celui qu’ils effectuent à partir du mois d’octobre lorsqu’ils commencent la décoration de l’auberge de Marie Henry, qu’ils achèvent en décembre. En outre, Meyer de Haan dira à Théo Van Gogh qu’il a réalisé de nombreuses autres études, dont « cinq grandes natures mortes achevées ». Il tombe amoureux de Marie Henry et demeure au Pouldu la plus grande partie de l’année 1890. Cependant, une fois l’été venu, Meyer de Haan décide d’accompagner Gauguin à Tahiti, projet qui ne peut aboutir car la famille de l’artiste Hollandais décide de lui couper les vivres.

Il quitte probablement le Pouldu en octobre 1890, confiant ses peintures à Marie Henry qui donne naissance à leur fille le 7 juin 1891. De Haan est encore à Paris au début 1891 ; il y rencontre Verkade et assiste sans doute au banquet d’adieu donné en l’honneur de Gauguin au café Voltaire, le 23 mars. On ne connaît presque rien de la vie ou des activités de Meyer de Haan après cette date. On sait seulement qu’il retourne vivre en Hollande et qu’en 1893 il vit à Hatten. Il meurt le 24 octobre 1895.

L’œuvre française de Meyer de Haan n’est pas importante car sa production se limite à son séjour en Bretagne d’avril 1889 à octobre 1890. Laissées aux bons soins de Marie Henry, les peintures restent peu connues jusqu’aux 2 ventes aux enchères organisées à Paris en 1859. Une trentaine d’œuvres subsistent aujourd’hui : quelques portraits et paysages et 14 natures mortes.

Henry MORET (1856 – 1913)

Henry Moret est né à Cherbourg le 12 décembre 1856 dans une famille bourgeoise. A partir de 1876, il suit des études classiques à l’Ecole des Beaux Arts à Paris dans l’atelier de Lehmann et à l’Académie Julian dans l’atelier de Laurens.

Il expose pour la première fois au Salon en 1880 une scène de plage bretonne. Après avoir effectué son service militaire à Lorient, il se fixe au Pouldu en 1881 et envoie chaque année des tableaux au Salon des Artistes Français et présente des sujets bretons en 1881, 1882, 1883 et 1886. Aucune de ces œuvres n’a cependant pour sujet Pont-Aven où sa présence n’est pas attestée avant 1888.

En 1888, il fait à Pont-Aven la connaissance de Gauguin dont il devient le familier, faisant avec Laval, Bernard et Chamaillard, bande à part à l’auberge Gloanec où le groupe est péjorativement traité « d’impressionnistes » par les autres artistes. Il est de ces artistes qui échangent des peintures avec Van Gogh à Arles et il reçoit le tableau Les chardons (de la Faille n°447) que Seguin se rappellera avoir vu dans la maison de Kerluen, capitaine du port et maître d’escrime dont Moret a peint le portrait. Cette même année, Gauguin lui dédicace une marine à l’ami Moret au verso du Sabotier. En 1889, il rejoint Gauguin, Filiger, Seguin et Meyer de Haan au Pouldu à l’auberge de Marie Henry mais n’apporte pas sa contribution à la décoration des lieux. En 1890, il séjourne encore au Pouldu et rencontre Maufra ; c’est le début d’uen grande amitié qui durera toute leur vie. En 1894, Moret loge au Pouldu puis à Doëlan, infatigable il sillonne le littoral qu’il peint inlassablement. Il expose avec ses amis chez Le Barc de Boutteville aux 7è et 8è expositions des Peintres Impressionnistes et Symbolistes.

En 1895, il entre en relation avec Durand-Ruel qui commence à lui acheter une part importante de sa production et lui consacre une exposition à Paris en 1898. En 1896, il est installé à Doëlan après une année passée à Groix. En 1903, il séjourne à Châteaulin avec ses amis Chamaillard et Seguin. Il épouse Céline Châtenet en 1910 ; le peintre Chamaillard est son témoin. En 1912, il parcourt les côtes de la Manche.

Il meurt à Paris, prématurément en 1913.

Le style personnel de Henry Moret consiste en une symbiose entre la forme synthétiste et la facture impressionniste. Cette formule originale durera jusqu’en 1900 puis l’artiste retournera progressivement à l’impressionnisme.

Roderic O’CONOR (1860 – 1940)

Roderic O’Conor, né en 1860 dans le comté de Roscommon en Irlande, fait ses études en Angleterre, avant de suivre les cours de l’Ecole de Beaux Arts de Dublin. En 1883, il étudie à l’Académie des beaux Arts d’Anvers. Puis de nouveau à Dublin en 1885, il est élève de la « Royal Hibernia Academy of Art ».

Son premier séjour à Pont-Aven date sans doute de 1887. Il vit alors à Paris où il expose. Puis en 1889-90, il réside à Grez-sur-Loing, à la lisière de la forêt de Fontainebleau, en compagnie de peintres suédois, anglais et américains. Il y rencontre probablement Sisley. O’Conor expose pour al première fois 3 œuvres au Salon des indépendants en 1889, puis 9 œuvres l’année suivante. Cette fois, il voit peut-être des peintures de Van Gogh. Rien ne permet de dire que les deux artistes se sont rencontrés, mais il est certain qu’O’Conor sera l’un des premiers peintres à être influencé par Van Gogh. L’Irlandais passe à Pont-Aven en 1891 où il se lie d’amitié avec Seguin et Forbes Roberston. De retour en 1892, il habite à la pension Gloanec. Il y retrouve Cunot Amiet. En 1893, nouveau séjour à Pont-Aven et au Pouldu, il se lie d’amitié avec Filiger et travaille chez Seguin qui lui enseigne la technique de l’eau forte. Il produit une importante série de gravures. Les 2 artistes échangeront tous les 3 une correspondance pendant plusieurs années. Durant l’année 1894, il fait partie du groupe des peintres qui entoure Gauguin à Pont-Aven ; celui-ci lui dédicacera 2 estampes et l’incitera, en vain, à le suivre à Tahiti. O’Conor est témoin de la bagarre à Concarneau entre les peintres venus de Pont-Aven et les marins.

Roderic O’Conor assiste en 1895 à la vente aux enchères des œuvres de Gauguin où il acquiert une toile. Il expose la même année chez Le Barc de Boutteville. En 1896, il séjourne à Rochefort-en-Terre où Jourdan lui rend visite. Il participe à l’exposition de « la Libre Esthétique » de Bruxelles en 1898, puis passe l’été à Pont-Aven et rencontre Beaufrère au Pouldu. De 1900 à 1903, il demeure à l’hôtel Julia à Pont-Aven, garde des contacts avec Sérusier et Seguin à Châteauneuf-du-Faou et expose régulièrement au Salon d’Automne et au Salon des Indépendants. Encore à Pont-Aven en 1904, il revoit Filiger et expose au « Guidhall » de Londres avec d’autres peintres irlandais. Mais désormais, à partir de 1905, il habite Paris où il travaille surtout en atelier, isolé du milieu artistique.

Fortement influencé par l’exemple de Gauguin durant l’existence du groupe de ses fidèles, il retombe alors dans un style académique après sa désintégration.

En 1933, il épouse Renée Honta, son ancien modèle et se retire en Maine-et-Loire où il s’éteint en 1940 à Neuil-sur-Layon. Son unique exposition personnelle a lieu à la galerie Bonaparte à Paris en 1937. La grande importance de son travail en Bretagne n’est révélée qu’en 1956 par la vente de son atelier parisien.

Ferdinand du PUIGAUDEAU (1864 – 1930)

Né à Nantes en 1864. A la suite de la séparation de ses parents, il séjourne chez son oncle Henri de Châteaubriant, artiste lui-même, qui découvre et encourage les dons de l’enfant pour le dessin. Pensionnaire chez les Jésuites à paris, il ne supporte pas l’internat et va rejoindre sa mère à Nice ; Déterminé à être peintre mais ne voulant à aucun prix suivre la voie officielle, il part seul en Italie en 1882. En 1883, il embarque à Naples avec une carte d’émigrant vers l’Afrique, mais décide de rentrer en France car il est déçu par le contact avec la Tunisie.

Il est à Pont-Aven en 1886, à la pension Gloanec, où il fait la connaissance de Gauguin avec lequel il échangera de la correspondance. En 1887, il effectue son service militaire à Hyères. Bénéficiaire d’une bourse de voyage avec le peintre Allan Osterlind, il visite la Suède et la Belgique en 1889-1890.

En 1890, il expose au Salon des Indépendants où Degas le remarque et lui achète une de ses toiles, « Feu d’artifice » ; leur amitié et leur estime réciproque dureront jusqu’à la mort de Degas.

En 1893, il épouse une portraitiste de talent, Blanche Van Den Broucke (le peintre Dezaunay est son témoin) et s’installe à Saint-Nazaire où naît sa fille Odette en 1894. La famille du Puigaudeau loge dans le château de Rochefort-en-Terre (Morbihan) durant l’automne et l’hiver 1894 puis s’établit, début 1895, à Pont-Aven dans l’hôtel Gloanec pour un séjour de trois ans. Attiré par les effets de lumière et d’éclairage, du Puigaudeau réalise à cette époque des tableaux qui se caractérisent par leur ambiance nocturne. Après un séjour à Cagnes, il s’installe dans la région parisienne à Sannois en 1899.
De 1897 à 1904, ses toiles sont régulièrement déposées chez Durand-Ruel qui en assure la vente. En 1903, son exposition à la galerie des Artistes Modernes, rue Caumartin, remporte un vif succès.

Un voyage d’étude à Venise se termine par un procès avec le commanditaire en 1905, et du Puigaudeau décide de se retirer définitivement en Bretagne. Il loue le manoir de Kervaudu au Croisic (Loire-Atlantique) en 1907. Les paysages de la presqu’île guérandaise deviendront alors ses thèmes favoris.

Dès 1913, il cesse ses rapports avec Paris. Isolé, oublié, il continue son œuvre et meurt au Croisic en 1930.

Georges RASETTI (1851 – 1938)

Né à Paris.

En 1877 et 1879, il expose au Salon des Artistes Français comme élève de Bonnat.

En 1886, il épouse Céline Chaudet, sœur de Georges Chaudet, peintre et photographe.

En 1891, il séjourne à Huelgoat en compagnie de ses amis Sérusier, Verkade et Ballin. Il expose au Salon des Indépendants. Il initie les Nabis aux techniques de la céramique dans son atelier de Bois-Colombes tout en pratiquant la peinture au cours de ses fréquents séjours en Bretagne.

Louis ROY (1862 – 1907)

Né à Poligny dans le Jura en 1862, Louis Roy fait partie du groupe des impressionnistes et synthétistes qui exposent au café Volpini en 1889.

C’est par son collègue Schuffenecker, comme lui professeur de dessin au lycée Michelet de Vanves, qu’il rencontre Gauguin, Bernard et les autres. Gauguin fait son portrait en 1889 et lui offre 2 natures mortes dont l’une dédicacée « au seigneur Roy ». En 1891, il rejoint ses amis en Bretagne comme en atteste la toile « Bretons » exposée chez Le Barc de Boutteville et le tableau « Le moulin à marée ».

Il épouse Florence Lokofsky en avril 1891 ; son témoin est le docteur Charlopin, inventeur et collectionneur.

En 1894, Roy est chargé par Gauguin du tirage de ses bois gravés, destinés à l’illustration de Noa Noa. Il participe aux 7è et 8è expositions des Peintres Impressionnistes et Symbolistes chez Le Barc de Boutteville. Cette même année, il enseigne au lycée Buffon à paris puis au lycée Voltaire à partir de 1895. Il expose régulièrement au Salon des Indépendants de 1890 à 1897.

A la fois, peintre et graveur, il collabore à la revue l’Ymagier, il est aussi critique d’art dans le Mercure de France.

Il meurt à Paris en 1907.

A parti de 1911, il expose régulièrement au Salon des Artistes Indépendants. Il meut à Paris en 1938.

Armand SEGUIN (1869 – 1903)

Né à Paris en 1869, élève à l’Ecole des Arts Décoratifs avec Ibels, Seguin visite l’exposition du café Volpini en 1889 et est fort impressionné.

En 1891, il est à Pont-Aven, comme en témoigne son portrait dessiné par Forbes Robertson et restera désormais en Bretagne la plupart du temps sauf quelques séjours à Paris. En 1892, il habite Pont-Aven et fait la connaissance de Emile Bernard. En 1893, il habite la villa « St Julien » au Pouldu où il travaille une série d’eaux fortes, en compagnie de O’Conor. Ses liens d’amitié avec celui-ci resteront très forts et ils échangeront une correspondance suivie pendant 8 ans.

L’hiver 1893, il est à Paris où il fréquente l’atelier de Gauguin avec Pablo Durrio. Au printemps 1894, il de retour à Pont-Aven et au Pouldu où il devient l’élève préféré et le compagnon inséparable de Gauguin. Son maître est exigeant et va même jusqu’à le menacer de son pistolet afin de lui interdire l’emploi des couleurs complémentaires. Le 25 mai 1894, il est présent sur le port de Concarneau lors de la bagarre où Gauguin a la cheville brisée par un marin. Il est même contraint de fuir à la nage pour échapper à ses agresseurs.

Gauguin le considère comme un artiste très doué et rédige la préface de son exposition chez Le Barc de Boutteville en 1895 : qu’il me suffise d’avertir le visiteur que Seguin est avant tout un cérébral – je ne dis pas, certes, un littéraire – qu’il exprime non ce qu’il voit mais ce qu’il pense par une originale harmonie des lignes, par un dessin curieusement compris dans l’arabesque.

Seguin produit des estampes (eau forte, zincographie, lithographie), il est meilleur dessinateur que peintre, ce qui fut pour lui une tragédie car il ne vivait que pour la peinture. Ses gravures évoquent à la fois l’influence de Bernard et le souvenir des estampes japonaises ; il y manifeste toute sa virtuosité.

Il demeure à Paris en 1898, secouru par Ibels et O’Conor. En 1900, il est Châteaulin où il travaille à l’illustration de « Gaspard de la nuit » pour Ambroise Vollard et « Manfred », resté inachevé. Il est malade et dans la misère quand Sérusier le recueille chez lui à Châteauneuf-du-Faou. Chroniqueur du groupe de Pont-Aven, il se met à écrire ses souvenirs dont il publie la première partie dans la revue L’Occident en 1903.

Miné par la tuberculose, il meurt à 34 ans, en décembre 1903 à Châteauneuf-du-Faou.

Wladyslaw SLEWINSKI (1856 – 1918)

Né à Bialynin-su-Pilica, en 1856, dans une famille de la noblesse polonaise, Slewinski est chargé par son père d’administrer le domaine familial. Mais il se révèle un gestionnaire négligent, ce qui le réduit à fuir devant les créanciers, la saisie de ses biens et la colère paternelle. Cette rupture le conduit à Paris en 1888, sans métier et sans ressource. Néanmoins, il réussit à s’inscrire à l’Académie Julian dans l’atelier de Baschet, puis à l’Académie Colarossi.

C’est rue de la grande Chaumière, lieu de rencontre de la bohème artistique et littéraire, qu’il rencontre Gauguin en 1889. Leur sympathie est réciproque. Dès lors, Slewinski, ébloui, décide de devenir peintre et d’entrer dans le cercle de Gauguin. En 1890, il suit son maître en Bretagne et cet exil permettra au talent inné qui sommeille en lui de s’exprimer.

L’océan devient le motif principal qui attirera Slewinski chaque année sur la côte du Pouldu où il rencontre les autres peintres du groupe, particulièrement O’Conor avec lequel il a beaucoup d’affinités, et Chamaillard. A partir de 1933, il loue la villa « St Joseph » au Pouldu où il accueille avec largesse Gauguin et Annah la javanaise au printemps 1894.

En mars 1894, il participe à la 6è exposition des peintres Impressionnistes et Symbolistes chez Le Barc de Boutteville. En 1896, il expose, pour la première fois, au Salon des Indépendants. Puis en 1897-98, la galerie Georges Thomas lui consacre 2 expositions individuelles.

En 1899, à Florence, il épouse Eugénie Schevzoff, peintre russe et vit confortablement entre Paris et la Bretagne, subvenant à l’occasion aux besoins de ses amis peintres. Tourmenté cependant par le mal du pays, Slewinski décide en 1905 de retourner en Pologne porter la bonne nouvelle de Pont-Aven, mais il ne sait pas résister au courant traditionnel de la peinture polonaise et traverse une crise aigue. La nostalgie le fait revenir définitivement dans sa seconde patrie en 1910. Et c’est à Pont-Aven d’abord, puis à Doëlan qu’il choisit de vivre, jusqu’à sa mort à Paris en 1918.

L’art de Slewinski se caractérise par un synthétisme calme, aux couleurs sombres ou éteintes, incitant à la contemplation et à la réflexion. Ses peintures doivent peu à Gauguin. Sa palette est restreinte.

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