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Michel Thersiquel

Michel Thersiquel

Michel Thersiquel s’en est allé à 63 ans, le 15 mars 2007. Ce photographe, amoureux de la Bretagne, a laissé des milliers de clichés à la postérité dont de magnifiques portraits empreints d’une grande humanité.

Michel Thersiquel et la Bretagne. Une longue histoire d’amour.

Pas celle des images convenues et folkloriques. Mais les yeux dans les yeux. Pour capter cette vérité qui brille comme une flamme au coeur de chaque rétine. Les portraits de Michel Thersiquel sont bouleversants d’humanité. Celle des petites gens. De ces Bigoudènes qui lui ont ouvert les portes de leurs maisons. Celle des ardoisiers, des épicières ou encore des marins pêcheurs.

Marcel Le Lamer, professeur de philo et ami du photographe, explique, dans la préface d’un livre consacré à Thersiquel (*), que ce dernier ne prenait jamais lesgens de dos. « Le peuple mérite d’être regardé de face et en face. Sans affront, sans effronterie. Les anonymes ont le droit de nous offrir leurs désarrois et leurs bonheurs ». Pour arriver à ce résultat, Thersi, comme l’appelaient ses intimes, avait un fidèle allier, le temps.

"Jamais d’empressement avec ceux qu’il voulait photographier. Il se fondait dans leur quotidien. Il savait les aborder sans son appareil" témoigne Yves Quentel, journaliste à France Bleu et assistant de Thersiquel, de 1969 à 1973. Dans le Pays bigouden, par exemple, il n’hésite pas à prendre place aux banquets des anciens pour rencontrer ceux et celles qui poseront pour lui. Le contact se noue et ne se dénouera jamais. Le profond respect qu’il a de l’être humain lui permet de toucher de très près l’intimité des gens.

« Il a réussi ce tour de force de photographier des Bigoudènes assises sur le lit conjugal, la photo de leur défunt mari dans les mains. Un sacré tour de force. Jamais personne n’avait fait ça avant », commente Marcel Le Lamer.

Une précision d’horloger

Des photos de Michel Thersiquel, on en a tous en tête. Chez lui, pas de clichés réellement emblématiques. Mais un précieux héritage constitué de magnifiques documents qui intéresseront sans nul doute les ethnologues plus tard. Le fruit de plus de 35 années de travail. « L’exigence. Si je dois retenir un seul mot de Thersi, c’est celui-là, continue Yves Quentel. Il choisissait sa lumière et faisait poser les gens ». Cette précision, il l’avait acquise sur les bancs de l’école d’horlogerie de Dreux. « Pour lui, cette profession, c’était l’occasion de rompre avec celle de photographe qu’exerçait déjà son père. Thersi en avait marre de développer des pellicules au kilomètre dans la boutique familiale, à Bannalec (29) », précise Marcel LeLamer. La photo le rattrapera lors d’un stage, effectué à la demande de sa mère, chez les photographes et cinéastes Félix et Nicole Le Garrec, à Plonéour-Lanvern (29). « Il a eu une révélation. En une semaine, il avait tout pigé », ajoute Yves Quentel.

Au tout début des années soixante-dix, Michel Thersiquel ouvrira sa galerie à Pont-Aven (29), la cité des peintres où il deviendra ami avec Xavier Grall et Georges Perros. Très vite, il se démarquera de ses collègues, optant pour une orientation bien plus artistique, en affichant de grands portraits dans sa vitrine. Quelques mois plus tard, repéré par un journaliste du Monde, il exposera à la Bibliothèque Nationale à Paris. Suivra la carrière qu’on lui connaît.

Maintenant que Michel Thersiquel a disparu, une association en son honneur a été créée à Bannalec.

A voir, à lire

* « René et Michel Thersiquel, photographes en campagne ». Marcel Le Lamer. Éditions Coop Breizh.
À suivre, Guy Burniaux et le conflit du Joint français

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