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Nicole Correlleau

Portrait de Nicole Correlleau (1923-1984)

En 1984, disparaissait « la bonne hôtesse Nicole » de Pont-Aven, Mme Le Floch que tout le monde connaissait sous son nom de jeune fille, Nicole Correlleau. Elle était de la lignée de ces femmes : Melle Julia Guillou, Marie-Jeanne Gloanec, Julia Correlleau sa mère, qui ont fait connaître en France et hors de nos frontières, l’hospitalité pontaveniste.

Fille de Ernest Correlleau, peintre, et Julia Correlleau, fine hôtelière et restauratrice, Nicole baigna dès sa naissance en 1923 dans une atmosphère artistique, vive et joyeuse. La réputation de la maison familiale était grande et les artistes de plus en plus nombreux.

Fort occupés par leurs activités professionnelles, les parents de Nicole, soucieux de son éducation, la confièrent souvent à la famille de son père en Anjou. En Bretagne, elle fréquenta l’école Saint Guénolé de Pont-Aven et plus tard l’Institution notre Dame de Kerbertrand à Quimperlé. Elle seconda sa mère et en 1943 épousa Georges Le Floch dont la famille, fuyant les bombardements de la région lorientaise, s’installa à Pont-Aven. Elle aura deux garçons, Patrick et Philippe. Son mari décédé en 1952, elle dut, seule, faire face aux charges familiales et commerciales.

Sa jeunesse, sa gentillesse, sa générosité attirèrent une nouvelle génération d’artistes à l’Hôtel de la Poste. Elle saura à la fois garder les clients de sa mère, comme les peintres Bompard et Compard, et se créer sa propre clientèle. Tous ne restent pas longtemps des hôtes mais deviennent des amis ; chaque soir, des personnes séjournant ou passant dans la région savent qu’elles trouveraient au bar, puis au restaurant, une atmosphère aimable et chaleureuse. Le marin pêcheur y côtoit l’ambassadeur, le Pontavéniste, le Parisien en vacances. Le 20 octobre 1954 dans Ouest-France, à propos du séjour de Vlaminck à l’hôtel, Daucho écrivait : « c’est le bon gîte de l’hôtel de la poste, avec l’amitié, la tranquillité, la simplicité » qui avait séduit « le fauve ».

En 1962, Marcel Gonzalez, de passage à Pont-Aven avec un ami, s’installera chez Nicole pour 3 mois – il s’installera définitivement à Pont-Aven - , Claude Huart, artiste originaire du Nord installé à Lorient, Xavier Grall, journaliste et poète, le grand ami de celui-ci Jean Mingam, artiste, Michel Thersiquel, Glenmor que tous appelaient Milig, le poète Georges Perros installé à Douarnenez, forment le noyau fidèle de « Zicou », nom amical donné à Nicole. Pendant les vacances, Paul Guimard, Benoîte Groult viennent en voisins, de Raguénez ou plus tard de Doëlan. Les discussions vont bon train autour d’une bouteille de whisky, celles-ci ayant souvent pour thème : la Bretagne ou l’art. Les soirées se prolongent fort tard dans la nuit. Nicole a su faire de son hôtel un endroit des plus agréables, le bar, le salon, la salle à manger sont couvert de toiles et de gravures que Julia et sa fille Nicole ont accumulées soit par des achats ou tout simplement laissées pour solde de tout compte par des artistes dont les fins de mois étaient difficiles. L’art du bouquet n’avait aucun secret pour elle et ses compositions florales attiraient l’œil et apportaient une touche supplémentaire de la personnalité de Nicole en ses lieux.

En 1979, pour raisons de santé, Nicole abandonne tout ce qui faisait sa vie et ferme son bar. Elle mourut en avril 1984.

Nous ne pourrons pas mieux raconter Nicole que ce poème écrit par Xavier Grall dans « Rires et Pleurs de l’Aven », illustré et publié en 1975 par Huart :

« Nicole
Les peintres et les bardes te saluent Nicole pour ta bonté
Dans la nuit du bar l’âme de Baudelaire erre.
Hôtesse première du pays de Cornouaille tire les rideaux sur l’ennui des journées.
Ne vivent haut que ceux qui rêvent.
Martyrs de l’aube nous avons étreint la sainteté des nuits chaudes, camarades
Restons sourds aux murmures pharisiens qui nous condamnent.
Nous avons cherché la beauté âpre, éblouissante.
Dans les flammes des alcools, l’essor des rythmes et des formes.

Boiseries vielles toiles lampes anciennes que transfigure la jeunesse. Nous te chantons par la harpe et le poème
Eloignez-vous cœurs scelles
Et vive la bohème »

Extrait article de MA Daoudal – bulletin municipal n°9 – 1er trimestre 1998

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