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Théodore Botrel

Théodore Botrel (1868-1925)

Couronné 3 fois par l’Académie Française, le barde breton fut l’ambassadeur de la Bretagne à New York dès 1903 puis au Canada, en Suisse en 1906 et en Belgique.
Square Botrel, quai Botrel, Ker Botrel, monument à Botrel, tout ceci rappelle aux Pontavénistes que Botrel fut une gloire de cette ville de 1900 à 1930. Il y créa la première Fête des Fleurs d’Ajonc en 1905, première fête folklorique de Bretagne

Son goût pour la poésie et son désir d’apprendre l’ont amené au théâtre. C’est la fameuse chanson "LA PAIMPOLAISE" qui fut à l’origine de son succès et de sa carrière de chanteur. Il n’eut de cesse de poursuivre ses tournées tant en France qu’à l’étranger, notamment en Belgique, au service de la charité et de la philanthropie.

Enfance de Théodore BOTREL

Contrairement à ce que beaucoup d’étrangers croient, Botrel n’est pas né à Pont-Aven mais à Dinan, le 14 septembre 1868. Son père, originaire d’une famille de forgerons des environs de Saint-Méen travaille comme homme à tout faire chez le maire de Dinan, sa mère y est lingère. Peu de temps après sa naissance, ils partent à Paris où ils dilapident leurs maigres économies dans un petit commerce. Son père devient manœuvre et sa mère couturière dans son minuscule logement. Ils laissent leur petit Théo à la charge de sa grand-mère paternelle et d’une tante à Parson, hameau de Saint-Méen. Il passe sept années de liberté comme tous les enfants de la campagne à cette époque. Ce n’est pas la misère mais la vie est dure, peut-être moins difficile qu’à Paris qui, n’oublions pas vient de subir la guerre et la famine. En 1875, ses parents le réclament et voici le petit paysan gallo enfermé dans un appartement où il se réfugie pour fuir les moqueries des petits citadins, ses vêtements, son accent, ses expressions en gallo en sont la cause. Heureusement son inscription à l’école des Frères de la rue Malesherbes, dans son quartier, va lui permettre de s’intégrer. Il sera fortement marqué par deux professeurs : le frère Alton Marie et surtout par le professeur de dessin, ancien élève d’Ingres. Là, il sympathisera avec un autre élève d’origine bretonne, Eugène Hervé Vincent qui plus tard illustrera plusieurs recueils de ses œuvres.

En 1880, il fait sa communion solennelle et passe son certificat d’études, un événement chez les Botrel, son père étant illettré. Celui-ci le place apprenti chez un serrurier, sans salaire. Six mois plus tard, il est apprenti rémunéré (25 francs par mois) chez un imprimeur de musique mais la vie étant très difficile, il est placé chez un lapidaire pour cinquante francs par mois. Là, employé plutôt comme coursier, il s’acoquine d’une bande de gamins comme lui et joue aux courses de l’argent appartenant à son patron. Renvoyé, ses parents mettront un an à rembourser les 250 francs dus.

Pendant tout ce temps, Théo continue à fréquenter le patronage de l’église Saint-Augustin. Le directeur lui trouve une place de grouillot chez un avoué, Maître Denormandie. Celui-ci, avoué de la Comédie Française, distribue des billets à ses employés. Théodore bénéficie des billets dédaignés des adultes, il devient un spectateur assidu de la Comédie Française. Dans cette étude aux contacts de clercs cultivés, il découvre la poésie, s’inscrit aux cours du soir et commence à rimer.

Début de carrière à Paris

Il devance l’appel et, à dix-huit ans, se retrouve au 41e de ligne à Rennes. Mais malade, il est réformé, rentre à Paris et se met à la recherche d’un emploi. Il dépose une demande au P.L.M (Compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Marseille). Accepté, il doit attendre qu’une place se libère, cela peut prendre deux ou trois ans. Travaillant chez un courtier maritime, il porte très souvent du travail chez un imprimeur qui est aussi celui de La Bonne Chanson. Celui-ci lui conseille de participer au concours du « Caveau ». Il s’inscrit au cours de maintien et de préparation au Conservatoire de Mme Scriwaneck, fait de la figuration gratuite pour le Théâtre Libre d’Antoine. A ce cours, il rencontre Melle Hélène Lutgen, Alsacienne comme sa mère. Il l’épouse et rentre au P.L.M où il restera neuf ans.

Le soir, il fréquente les cabarets de Montmartre. Il chante et récite des œuvres de sa composition en première partie, au pied levé, pour meubler l’attente. Là, sa rencontre avec Feautrier sera importante car ce dernier lui écrira la musique de La Ronde des Châtaignes et de La Paimpolaise. Le roman de Pierre Loti, Pêcheurs d’Islande, connaît à ce moment un très grand succès, Botrel dira lui-même que la lecture de cette œuvre fut à l’origine de son inspiration pour cet incroyable « tube ». A partir de ce moment, il choisira de chanter la Bretagne.

Grand succès un soir devant un public beaucoup plus important à un gala donné au profit des étudiants. N’ayant pas la tenue de soirée requise, il a l’idée de mettre sous son costume de ville un gilet de Pont-l’Abbé emprunté au patronage. Il a trouvé son décor, un costume breton, facilement transportable. Il adoptera le costume de Pont-Aven et sa femme qui l’accompagnera bientôt sur scène portera avec beaucoup de d’élégance le costume de notre canton. Leurs premiers costumes ressemblent plus à des costumes d’opérette qu’aux costumes portés à cette époque à Pont-Aven. Lorsqu’ils deviendront Pontavenistes, ils corrigeront ces erreurs.

BOTREL devient un chanteur à la mode

Botrel devient un chanteur très à la mode, ses succès ne se comptent plus, il sait utiliser les moyens de l’époque pour diffuser ses œuvres. La Bonne Chanson est diffusée à 60 000 exemplaires chaque mois. 950 000 recueils de Chansons de chez nous contenant environ une centaine de ses chansons les plus connues seront vendus. Il pose seul ou avec sa femme sur de nombreuses cartes postales qui sont vendues lors de ses galas et mieux encore, un nombre important de cartes postales illustre ses chansons, chacune porte un ou plusieurs couplets. Les photos de ces cartes ont malheureusement donné de notre Bretagne une image mièvre et passéiste.

En mauvaise santé, il vient se rétablir en Bretagne à Port-Blanc, donne quelques galas. Anatole Le Bras est son voisin pendant les vacances car il enseigne à Quimper. En 1898, il chante à Morlaix, le Théâtre Populaire Breton donne une représentation entièrement en langue bretonne à Ploujean, en plein air, les décors sont de Maufra. A l’entracte, Botrel est prié de chanter. Dans ses Mémoires d’un barde breton, il écrit : « Je me faisais un scrupule avec mes accents français de briser le charme purement celtique ». Est-ce cette fête qui lui donnera l’idée de ses pardons bretons ?

Couronné trois fois par l’Académie Française, le barde breton fut l’ambassadeur de la Bretagne. En 1903, il se produisait à New York puis au Canada où il était venu collecter les fonds nécessaires à l’édification d’une statue de Jacques Cartier à Saint Malo. A Montréal, il est accueilli à bord du bateau par une vedette spécialement affrétée. Le jour du gala est déclaré chômé, la ville est en délire. (cf. Le Moign-Klippel.Ouest-France, mars 1968). En 1906, à Genève, lors de son gala, on reconstitua un village breton ; trois cents vendeuses étaient habillées en costume breton.

Arrivée à Pont-Aven

Venu donner un récital à l’hôtel Julia, il appréciera la douceur du climat de Pont-Aven, et en 1905, il décidera de s’y installer. Il créera donc en 1905 le pardon des Fleurs d’Ajonc qui aura lieu le premier dimanche d’août. Si des variantes ont été introduites au fil des ans dans le programme, le cérémonial du couronnement de la reine restera immuable et chaque fois, nous entendons les paroles de Botrel. Ce pardon aura lieu tous les deux ans jusqu’en 1914. Celui de 1909 sera particulièrement brillant car, cette année-là, il y aura l’inauguration du médaillon de Brizeux sur un bloc de granit dans la propriété de Botrel. Le barde avait une profonde admiration pour le poète d’Arzano. Il attirera des foules et de nombreuses personnalités. A Dinan, il créera la fête de Fleurs de Blé noir.

En 1907, il s’installe définitivement à Pont-Aven. Il construit le Castel Brizeux sur la colline du Bourgneuf mais celui ci se révélant une charge trop lourde, il s’en séparera en 1909 et construira Ker Botrel qui sera la propriété de la famille Botrel jusqu’au décès de Mme Botrel.

Pendant la guerre 14-18

A la déclaration de guerre, l’armée ne veut pas l’incorporer car il avait été réformé pour raisons de santé durant son service militaire. Il se propose à l’armée belge qui refuse n’acceptant que des citoyens belges dans ses rangs. Le ministre de la guerre ayant changé, il sera finalement incorporé comme chanteur aux armées. Aujourd’hui certaines de ses chansons nous paraissent outrancières mais souvenons-nous que la mère et la femme de Botrel étaient Alsaciennes et qu’aussi les Français dans leur majorité partaient laver l’affront de la Proclamation de l’Empire de Prusse dans la Galerie des Glaces à Versailles.

Blessé, il sera cité à l’Ordre de la Nation. En 1916, sa femme meurt, elle sera enterrée à Pont-Aven. Il repart aux armées

Retour à Pont-Aven

En 1919, il se remarie, il épouse à Colmar Melle Marie Schreiber dont il aura deux filles, Lénaik et Jeannick. La famille vivra à Pont-Aven. Botrel avait alors repris ses tournées, au Canada entre autres, où il reçu le même accueil que la dernière fois. Il s’apprêtait à repartir en Belgique en 1925, quand, pris d’un malaise à Port-Manech, il dut s’aliter et mourut quelques jours plus tard. Ses obsèques solennelles marquèrent les Pontavenistes. Pour les enfants, les chevaux « habillés » qui tiraient le corbillard venu spécialement de Quimper ; pour les adultes, le nombre de personnalités. Botrel repose au cimetière de Pont-Aven. « J’aime, je chante, je crois », gravés dans le granit, sa devise, sont certainement les mots qui résument le mieux sa vie.

Hommage au barde

Aujourd’hui, il est de bon ton de rejeter Botrel aux oubliettes, voire de critiquer ce Gallo qui emprunta le costume de Pont-Aven et le fit sien. Nous avons trop tendance à juger nos prédécesseurs selon les critères de notre époque. N’oublions pas que Botrel était profondément catholique de par l’exemple de sa grand-mère et les années d’école primaire passées chez les Frères. Il fut un homme charitable et sincère.

N’oublions pas qu’il fut l’ami d’Anatole Le Braz, Frédéric Mistral et d’autres personnalités à l’origine des mouvements de reconnaissance de l’identité bretonne.

N’oublions pas qu’il fut à l’origine de la première fête folklorique de Bretagne, la fête des Fleurs d’Ajonc. A Pont-Aven, il sut convaincre jeunes gens et jeunes filles que leurs costumes et leurs danses étaient des trésors à sauvegarder, qu’ils avaient une identité propre à conserver. Même si bien des cercles folkloriques ne veulent pas évoquer son nom, celui ci reste bien vivant car il survit par ses succès, tels La Paimpolaise, Le Petit Grégoire, Le mouchoir rouge de Cholet etc.

En 1932, un jardin public lui est dédié à l’endroit où étaient autrefois entreposées les marchandises en transit par le port de Pont-Aven. Une statue lui rend hommage. Ce jardin public est un endroit idéalement situé pour une halte, tant pour les individuels et que pour les groupes.
Espace clos - une aire de jeux pour les jeunes enfants - toilettes publiques - douche municipale - bureau du port
F. Rivet - Référence : bulletin municipal du 2ème trimestre 2000

Les pardons fleuris

En 1905, Théodore Botrel eut la poétique idée de fonder en Bretagne une série de « pardons fleuris » pour exalter les traditions bretonnes. Il plaça son rêve sous le patronage de Frédéric Mistral, le père de Mireille.
En 1905 eut donc lieu le 1er pardon des Fleurs d’Ajoncs à Pont-Aven, suivi en 1906 du pardon des Fleurs de Blé Noir à Dinan, sa ville natale. Messes, cortèges, couronnement de la Reine, théâtres, danses et musiques se déroulaient les années impaires à Pont-Aven, les années paires à Dinan. Avec le pardon des Fleurs de Genêts en Loire-Inférieure, le pardon des Fleurs de Bruyères dans le Morbihan et le pardon des Fleurs de Pommiers en Ille-et-Vilaine, le bouquet breton aurait été complet.
Les costumes, les danses et musiques bretonnes ... voilà ce que Théodore Botrel voulait glorifier. Idée complétée d’une pensée caritative puisque les bénéfices de la fête étaient redistribués aux pauvres du pays.
Aussi appelée pardon des Ajoncs d’Or à une époque, la fête des Fleurs d’Ajonc renouvelle ses fastes chaque premier dimanche d’août. Messe bretonne, défilé des cercles, bagadoù et individuels costumés, couronnement de la Reine, lâcher de pigeons, spectacles folkloriques ... la tradition se perpétue.

Descendance

Le chanteur Renaud Detressan, petit-fils de Botrel, a hérité de la passion de son grand-père pour la chanson. Son album « Airs de famille » est une réinterprétation des chansons de son aïeul.

Morceaux choisis

PONT-AVEN, VILLE DES MEUNIERES

Où voit-on les belles filles
Qu’on appelle « Fleurs d’Ajoncs » ?
Mines fraîches et gentilles
Savez-vous où les voit-on ?
Refrain
Dans la ville des meunières
Pont-Aven, pays d’amour !
Au bord d’un Ruisseau d’eau claire
Fleur d’Ajonc chante toujours.

Les plus blanches collerettes
De tout le pays breton
Frémissantes et coquettes
Savez-vous où les voit-on ?

Et les tailles les plus fines
De tout le pays breton
Et les prunelles câlines
Savez-vous où les voit-on ?

Quand un garçon se marie
Dans le beau pays breton
Pour avoir femme jolie
Il prend une « Fleur d’Ajonc ».
Dernier refrain
Dans la ville des meunières
Pont-Aven, pays d’amour
Au bord d’un ruisseau d’eau claire
Fleur d’Ajonc aime toujours !

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