Histoires de rues
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Au pied et sur la colline.
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Rue de la Belle Angèle
Autrefois route de Bannalec, qui paraît avoir été ouverte vers 1836, peut-être pas dans son tracé actuel. Ce n’était auparavant qu’un chemin traversant le village de Kerandistro (village du détour) pour desservir le Moulin Neuf dans le Bois d’Amour, appartenant à la famille de La Villemarqué, et menant au village de Kergren (village de moyenne importance). Le quartier s’enrichira de l’usine électrique vers 1899, née de la transformation du moulin céréalier qu’était auparavant le Moulin Neuf. A cette époque, on y exploitera des carrières pour fournir le remblai du chemin de fer.
Angèle Canévet était l’épouse du maire Frédéric Satre. Paul Gauguin leur avait offert le tableau "la Belle Angèle", aujourd'hui au musée d'Orsay mais que Frédéric, pourtant ami et défenseur de Gauguin avait refusé, trouvait qu’il présentait sa femme en laideron. Les Satre habitaient à l’époque Roz-ar-Veilh (la lande du moulin), sans doute à cause d’un moulin à vent (il en existait aussi sur la colline d’en face, au-dessus du Toulifo). Après la guerre de 14-18, c’était devenu le quartier des usines de conserves : Raymond, puis Robert Le Glouanec : deux usines traitant légumes et poissons (sardines, thons et maquereaux) et Estival, puis Berthou-Satre, deux autres ne faisant que les légumes (pois et haricots). Et à côté, La tournerie de Bretagne, exploitée par les Satre. On peut imaginer ce qu’était, à la saison, l’activité dans cette vallée : les charrettes des paysans ou les camions des courtiers livrant les légumes et remportant les cosses de pois qui servaient parfois de nourriture aux vaches (ce qui pouvait donner mauvais goût au beurre), ou finissaient de pourrir dans un coin de champs ; le va-et-vient des femmes avec des sacs de haricots que l'on équeutait en famille ; les odeurs de fritures…, mais aussi celles du camion de la S.F.I.M. qui récupérait les déchets de poissons et lâchait du jus dans les rues surchauffées… Et la sortie des usines, après une journée de poisson : les sonnettes des vélos, le martèlement de centaines de sabots, claques, socques et galoches dans la nuit, puis le silence, subitement ; chacun était pressé de rentrer chez soi, car le travail pouvait reprendre dans quelques heures. |
