|
Récit "Jénoféva Rustéphan"
Jénoféva Rustéphan
Braoan merc’hed a voa er vro-ze, Merc’hed otro anu Faou a-neuze ;
(Les plus belles filles de ce pays-là étaient alors les filles du seigneur du Faou ; )
Hi a dole sked dreist ar merc’hed, Evel ma ra’ l loar driest ar stered.
(elles brillaient près de leurs compagnes comme la lune près des étoiles.)
Ha gant-he peb an inkane gwenn, O tont d’ar pardon da Bond-Aven ;
(Chacune d’elles montait une haquenée blanche, quand elles venaient au pardon à Pont-Aven ; )
Gant-he peb ar vroz c’hlaz a zeien, Ha karkanio aour war ho c’herc’hen.
(Chacune d’elles portait une robe de soie verte et des chaînes d’or autour du cou. )
Ar iaouankan, hounez ar braoan ; Iannik Kervlez a gar, a glevann.
(La plus jeune est la plus belle ; elle aime, dit-on, Iannick de Kerblez.)
Hélas, le jeune Iannick ar Flécher s’en va à Quimper étudier pour recevoir les ordres malgré les supplications de la jeune fille. Quand il revient dans sa paroisse pour dire sa première messe (« oferen neve »), il ne peut finir son office :
Ken a zeuaz ar plac’h o redek, Ha’ gouezaz da zaoulin ar belek :
(Et la jeune fille est accourue, et elle s’est précipitée aux genoux du prêtre : )
-Enn han Doue ! Iann, distroet andro, c’ hui zo kiriok, kiriok d’ am maro !
(- Au nom de Dieu, Iann, arrêtez ! Vous êtes la cause, la cause de ma mort ! )
|